vendredi 31 décembre 2004
Par kadi,
vendredi 31 décembre 2004 à 19:40 :: En vrac
Ben voilà. Comme c'est les vacances, les messages ne sont pas très longs ni très fréquents... mais ça ne m'empêche pas de vous souhaiter une nouvelle année pas trop mauvaise... Ah, je crois qu'on va en reparler un plus tard. Les escargots sont prêts. Et les escargots n'attendent pas. Jamais.
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mardi 28 décembre 2004
Par kadi,
mardi 28 décembre 2004 à 22:20 :: L'avis de famille
C'est dingue comme le nombre de maladies que je connais s'est multiplié depuis que je fréquente les salles d'attente des pédiatres.
Ce week-end j'ai testé pour vous: la roséole.
C'est bien chouette ça. Un peu plus de 39 de fièvre pendant 3 jours et puis des petites plaques de rien du tout sur le haut du corps du petit gars. Même que t'as du mal à voir les plaques tellement elles sont minus et ridicules.
Tranquille, non ? Ça donne presque envie d'essayer, hein ?
Sauf qu'évidemment qui a entendu parler de la roésole avant d'avoir un bébé à la maison, hein ? Personne bien-sûr. Et qui panique quand il voit un thermomètre qui marque 39 et qui constate que c'est le 25 décembre et que tout le monde lui dit que c'est les dents ou les oreilles ou un refroidissement ou la jaunisse ou un virus qui circule et qui touche plein d'enfants partout (oui je le sais), et que chacun y va de sa petite supposition à deux balles, hein ? C'est pour nous, ça. Cadeau de Noël. Merci bien, n'en jetez plus. Même le pauvre toubib à qui tu téléphones et que tu arraches à sa dinde (l'oiseau donc) se laisse aller à dire qu'il n'y a rien d'alarmant. Que c'est pas la peine de venir. Moi, je dis stop. Faut pas pousser non plus. 39, c'est chaud, 39 ça brûle, 39 c'est énorme. Faut faire quelque chose.
Mais tu patientes, tu te ronges pendant deux jours, tu fais baisser le fièvre comme on t'a dit. Puis tu craques, lamentablement, tu prends rendez-vous, la tête basse. T'as pas les nerfs.
Et quand tu débarques chez le pédiatre, le petit commence déjà à rigoler.
3 jours, la roséole. 3 jours.
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dimanche 26 décembre 2004
Par kadi,
dimanche 26 décembre 2004 à 21:59 :: Râleries
Sale Noël en Asie.
Les hommes sont des fourmis et ce sont toujours les plus mal loties qui sont massacrées.
Peut-être oserons-nous ne pas trop parler de nos touristes. La misère est ailleurs.
Paix à ces milliers d'âmes meurtries. Le ciel comptera quelques étoiles de plus.
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vendredi 24 décembre 2004
Par kadi,
vendredi 24 décembre 2004 à 13:08 :: Râleries
Le plombier est passé ce matin.
Pas content le plombier. C'est le 24, je dois venir ici, grr, blabla. Bref pas content.
C'est toi qui a un problème avec ton robinet qui coule et c'est lui qui râle.
Où va-t-on je vous le demande.
Il a dit que c'est la goutte d'eau qui fait déborder le vase. N'importe quoi.
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Par kadi,
vendredi 24 décembre 2004 à 10:45 :: L'avis de famille
J'ai baigné le petit gars hier soir. Ouais, il y a pas à dire c'est du sport à chaque fois.
Il a à peine plus de 6 mois mais je peux dire que si on le baignait dans de la crème on aurait du beurre.
Là c'est la salle de bain qui a morflé. Dommage pour elle. Une vraie piscine, même que le tapis de bain a pas pu tout pomper.
Et lui, il rigolait comme une baleine, alors forcément moi aussi.
C'est sûr, on s'y remet ce soir.
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jeudi 23 décembre 2004
Par kadi,
jeudi 23 décembre 2004 à 17:17 :: En vrac
C'est assez curieux de voir ce que l'on écrit si on se laisse aller.
Si je résume après deux semaines de blog à moi tout seul (depuis le
nouveau départ):
- des gentils petits trucs sur moi et sur ma petite personne gentille
- des minuscules coups de gueule sur les autres petites personnes qui sont bien évidemment moins gentilles (comme les dentistes ou les marchands du temple)
- une ou deux histoires tirées par les cheveux que je suis probablement le seul à trouver distrayantes
Bref, pas de quoi fanfaronner. C'est pas du premier choix tout ça, ma petite dame.
Pas de scoop, de trucs scabreux, de gros malheurs insoutenables, de tentatives de suicide, de prise d'otages, d'histoires à suivre, de ventes aux enchères, de voyages à gagner, d'invitations pour la tombola de l'amicale des pompiers ou le bal de la police.
En gros ça manque de suspense, d'action, de sentiments.
Alors, je vais commencer par écrire plus gros. C'est déjà ça. C'est pas mieux, mais c'est plus gros.
Qu'on se le dise.
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Par kadi,
jeudi 23 décembre 2004 à 11:23 :: Râleries
J'aime bien ces moments de détente avant Noël. Cette quiétude ambiante toute empreinte de douceur: les bougies, les étoiles, les chants, les odeurs de biscuits, la communion entre les hommes, le goût du bonheur partagé.
Et cette bonne vieille saloperie de publicité partout, ces sapins chinois qui clignotent, ces pères-noël en plastoc qui chantent Jingle Bell. Ah comme ils sont moches ces pères-noël et pis comme on n'en a rien à cirer de chanter Jingle Bell, sous le prétexte de la mondialisation.
Mais pas le temps pour râler. Vite, vite un cadeau, un truc original. Tout le monde veut un truc original. Je veux un truc original. Oui, parfaitement moi aussi, j'aimerais consommer, tutoyer la limite de ma carte de crédit, jouer les têtes brûlées, les kamikazes de l'achat compulsif, enfin des émotions vraies.
Complètement malades, moi je dis. Non mais ça va pas ?
Ah, tout ça en mémoire d'un type qui est venu sauver les hommes ?
Ah ouais ? Et ben, il y a du boulot.
Il y a de la bûche sur la planche, comme on dit.
Comment vous dites ? Que ça marche ?
Mais oui, je me rappelle maintenant, c'est vrai. Après le 25, fini l'hystérie.
Un an de calme. On rend les armes, on pose la machette.
Il a bien fait de venir, hein ?
Comment ? Si je prends les deux boîtes de construction vous m'offrez le poster des supernanas ? Et bien évidemment que je les prends.
Et puis vous me mettrez aussi le marteau en plastique. Non, non pas d'emballage cadeau pour le marteau, c'est pour tout de suite. Paf.
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mercredi 22 décembre 2004
Par kadi,
mercredi 22 décembre 2004 à 10:19 :: Histoires courtes
Un matin de décembre. 5 heures. Un klaxon hurle à la mort. Je me réveille en nage.
Que s'est-il passé ? Je ne m'en souviens pas. Un cauchemar ?
Mes pieds sont froids au fond du lit, ma tête douloureuse.
Je me lève. Nuit noire dehors. Personne. Où sont-ils tous ? Un étrange sentiment de fatigue.
Sur le sol quelques traces de pas et ma veste à terre, roulée en boule dans un coin de la pièce.
Peu à peu, des bribes me reviennent. Une cheminée. Un traîneau.
Et ces rennes. Oui, les sales bêtes, toujours à s'arrêter pour bouffer des branches.
Non, pas possible, ces klaxons dehors... Mon traîneau est en double file.
Hm, mouais. Devrais prendre quelques vacances...
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lundi 20 décembre 2004
Par kadi,
lundi 20 décembre 2004 à 16:51 :: L'avis de famille
On a baptisé à tour de bras hier matin. C'est fait, réglé, on n'en parle plus. Pas l'habitude du protocole. Et même que le petit s'est bien tenu.
Juste la grande soeur qui me dit qu'elle a bien regardé partout mais qu'elle voit pas Dieu dans cette église. La routine. Je dois dire que je ne l'ai pas vu non plus, mais j'ai fait comme si. Sont sympas ces enfants, ils mettent toujours à l'aise.
En sortant, comme c'était aussi le culte ordinaire du dimanche pour les initiés, après la quête, on a tous reçu un super cadeau. Un calendrier de la paroisse. Le jackpot. Une photo moche pour chaque mois, avec douze bulletins de versement, comme ça on va penser à cette bonne paroisse toute l'année et verser plein de petits sous mignons. Ensuite, l'année prochaine, avec tout ce bel argent tombé du ciel, ils pourront nous redonner un calendrier tout neuf pour une nouvelle année de bonheur et de racket organisé.
Heureusement qu'il est moche leur calendrier, comme ça on va le cacher quelque part (dans une sarcophage de plomb par exemple), on ne verra pas les bulletins, on donnera rien du tout, et l'année prochaine, qu'est-ce qui ne va rester qu'un formidable projet de propagande? Le calendrier 2006. A l'eau le calendrier, aux oubliettes. Bien fait. Ils peuvent faire une croix dessus.
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vendredi 17 décembre 2004
Par kadi,
vendredi 17 décembre 2004 à 16:03 :: En vrac
L'autre jour, on a finalement enregistré notre petite scène, comme des grands, les yeux dans l'objectif. Des vraies bêtes de scène. Enfin, ce qui est sûr, c'est qu'on ne se fait pas filmer souvent...
Cette scène, pour ma pomme, c'est la (très) courte histoire d'un homme dont le costume rétrécit parce qu'il a trop chaud. Et plus le costume rétrécit, plus il a chaud, et plus il se fait à l'idée qu'il n'est pas grand chose. Il est coincé dans sa vie et dans son costume, mal à l'aise, plaintif, résigné. Minable, pathétique. Bref, un semblable. Un frère.
Tous mes petits camarades de jeu y passent aussi, chacun son personnage, des bousculés, des turbulants, des fatigués.
Ensuite on regarde. Evidemment petite appréhension, se voir soi-même n'est pas toujours très bon pour le moral.
Mais qui c'est celui-là ? Il est nouveau ? Je ne me suis pas reconnu dis-donc, ou si peu. C'est presque une bonne surprise. Je l'ai même trouvé drôle avec son costume trop petit, son air étriqué, tout coincé à l'intérieur. Et même que le prof a dit que c'était montrable. Ah, il n'y a pas à dire, ça fait plaisir, je suis montrable. Il a toujours les mots qui font chaud au coeur.
Le prochain pour moi, ça sera un centenaire, et il y aura du boulot, je n'ai pas (encore) le physique de l'emploi.
Ensuite, si notre état mental nous le permet, en mai ou juin, on va mettre tout ça ensemble, jouer quelques textes, en projeter d'autres, et inviter tout ceux qui voudront bien venir...
Il paraît que c'est là qu'on reconnaît ses amis.
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mercredi 15 décembre 2004
Par kadi,
mercredi 15 décembre 2004 à 10:48 :: Râleries
Dentiste hier. Pas été très courageux. Les mains moites, les yeux exorbités, je me suis refait "La jeune fille et la mort".
Pour un petit nettoyage de rien du tout.
C'est chaque année la même chose. Je reçois en mai un petit carton m'invitant à prendre un rendez-vous. En juillet, je me dis que je pourrais peut-être m'en occuper à la rentrée. En octobre, ben il y a pas le feu, c'est pas un petit mois de plus qui va changer grand chose. Début novembre, j'appelle mais c'est occupé. Pas grave je rappelerai dans une petite quinzaine, faut pas déranger. Fin novembre, enfin je me lance, en priant qu'il n'y ait pas de place avant mars 2008... Sauf qu'il y avait de la place hier matin. A 9 heures.
Tu parles d'une tuile.
Et ils ont l'audace de nous demander comment on va, quand on arrive... Bonjour, ça va ?
Oui, oui, je suis blanc comme ça tous les jours. Et puis en hiver j'ai toujours les mains moites, à cause du froid. Sans blagues.
Dans ces circonstances, comment voulez-vous que ça se passe bien ? Aussi souple qu'une colonne grecque dans un hamac, c'est la torture. Et que je gratouille ici et que je polisse là, un petit coup d'aspirateur dans le coin, là. Tiens ça saigne ici, on va mettre un tampon de ouate, ça va monsieur, vous avez des enfants ?
Vous faites un joli métier.
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vendredi 10 décembre 2004
Par kadi,
vendredi 10 décembre 2004 à 16:41 :: Histoires courtes
Cela vous est sûrement déjà arrivé. Croiser quelqu'un et ne pas pouvoir lui parler, ne pas trouver l'apparence suffisante.
Pas faire comme si il n'existait pas, mais plutôt faire comme si, soi-même, on n'existait pas. Pffuit, évaporé...
Alors on passe à côté, ni vu, ni connu et on vaque à ses occupations d'homme invisible.
Evidemment, on se rassure sur notre santé mentale en prétendant que cela aurait été pire de ne rien avoir à dire.
C'est sans doute un peu léger comme excuse, mais en cette période de fin d'année, la légéreté, ça fait du bien par où ça passe, pas vrai ?
Vous en prendrez bien encore une tranche ? Ha non ? Tiens, moi je ne suis plus là. Pffuit.
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mardi 7 décembre 2004
Par kadi,
mardi 7 décembre 2004 à 18:39 :: Histoires courtes
Observation du monde qui m'entoure: Tiens, mon carnet a déménagé.
C'est pas joli comme ça ?
L'homme du train
L'autre jour, j'ai vu un homme dans le train. Il était assis près de la fenêtre à une rangée de moi.
A chaque fois que le train ralentissait pour entrer en gare, tout le monde s'agitait, certains voyageurs criaient, d'autres se prenaient la tête dans les mains et fermaient les yeux.
Mais lui restait si paisible. Je crois qu'il lisait un vieux magazine froissé ou quelque chose comme ça d'après ce que j'arrivais à voir depuis ma place.
Ensuite le train s'arrêtait doucement et le wagon tout entier plongeait alors dans le silence, dans l'attente, comme suspendu. Chaque passager restait les yeux fixés droit devant lui. Chacun pour soi. Et puis ça commençait. D'abord un, puis deux, puis quatre, puis dix passagers. Leurs visages commençait par se tordre, leur bouche s'ouvrait dans une grimace terrifiante, leurs mains s'accrochaient à se qu'elles pouvaient: la manche d'un voisin, le dossier de la banquette. Leurs corps se mettaient ensuite à trembler. Ils résistaient, bien-sûr, mais finissaient par lâcher prise dans un cri de désespoir. Et peu à peu tous se retrouvaient dans le couloir, à marcher les uns derrière les autres vers la sortie. Les passagers qui restaient n'osaient qu'à peine les regarder partir, mal à l'aise d'être aussi soulagés mais tous pareils, tous en sursis.
Puis le train repartait lentement. Et ça recommençait quelques instants plus tard, les cris, les départs...
L'homme lisait toujours son magazine. Il ne semblait ni inquiet, ni même conscient de se qu'il se passait autour de lui. Je remarquai toutefois quelque chose d'assez inhabituel, à ce moment-là: ses cheveux s'étaient un peu éclaircis, oui, on aurait dit qu'ils avaient blanchis depuis toute à l'heure.
Mais soudain le train freina et les cris recommencèrent. L'homme se mit alors à tourner de plus en plus vite les pages de son magazine. Je crus voir à un moment une larme glisser sur sa joue. Je ne sais plus. Son visage s'était même un peu ridé, semble-t-il. Oui, l'homme avait vieilli sous mes yeux, comme ça, en quelques minutes.
Puis le train s'arrêta. L'homme regarda longuement la dernière page de son magazine. Puis le referma, lentement, le posa sur son siège et se leva sans bruit avant de disparaître par la sortie.
Dès que te train eut redemarré, je me précipitai vers le magazine laissé par l'homme. Il était humide et encore chaud.
Sur la dernière page, je ne vis qu'une photo. De l'homme. Dans un train. Et en dessous, le mot FIN.
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