lundi 31 janvier 2005
Par kadi,
lundi 31 janvier 2005 à 14:46 :: L'avis de famille
On a sorti la luge de course hier après-midi. Un sorte de dragster rose avec un volant jaune et des freins de compétition, tout ça moulé dans un plastique du plus bel effet, avec, s'il vous plaît, un Mickey gravé sur l'avant. Je vois d'ici vos visages médusés.
Notre luge, c'est clair, c'est de la balle.
Sauf que si tu maîtrises pas les virages, elle se transforme en tambour de machine à laver (et c'est toi qui joue le linge). La grande soeur a testé pour vous. Et elle a même dû freiner avec les oreilles, ce qui, à l'expérience, se révèle assez peu pratique, mais très rafraichissant.
Dès que nos bonnets sont secs, on remet ça.
4 commentaires
vendredi 28 janvier 2005
Par kadi,
vendredi 28 janvier 2005 à 12:02 :: Histoires courtes
Il s'agira d'être précis car l'heure tourne.
L'homme est arrivé avec deux paquets. Toute sa vie. Ses douleurs, ses souvenirs, ses espoirs et ses peurs, tout est là, tout est soigneusement emballé dans du papier brun. Il m'attend. Les paquets sont posés sur le sol, l'un a l'air ancien, le papier est marqué par endroits. L'autre est comme neuf.
J'observe l'homme depuis quelques minutes, masqué par une colonne. Il regarde partout, tout autour de lui. La gare est bondée, il n'était jamais venu ici. Trop de monde. Alors il s'inquiète, car je suis en retard et il ne me voit pas.
J'en profite, malgré moi, je laisse monter la tension pour savourer l'instant. Attendre encore un peu et l'observer tel qu'il est, encore quelques secondes. Avant qu'il ne parte.
Toute une vie dans ces paquets, posés à même le sol.
Sur l'un deux, celui qui paraît neuf, on parvient à distinguer des visages qui transparaissent à travers la mince feuille de papier, comme s'ils étaient projetés sous la surface, de l'intérieur. On y voit des enfants et puis l'homme, déjà très âgé. Ainsi qu'une maison. En penchant la tête, on peut même entendre les rires et les mots tendres. Il regarde doucement son paquet et sourit.
Mais une image apparaît soudain sur l'autre paquet, celui qui est un peu abîmé. Une image terrifiante. On y voit l'homme, il y a longtemps. Il est jeune et il court dans un champ. Il court même de plus en plus vite. On dirait qu'il s'enfuit. Qu'il s'enfuit pour sauver sa peau.
Et puis on entend les armes.
Le paquet se met à vibrer, on y voit de la poussière, de la fumée, des flammes. Une eau noirâtre filtre alors à travers le papier, coule sur le sol. L'homme tremble. Il frissonne. On voit des trains. Et des barbelés. Puis plus rien. Juste une image figée, un corps si maigre aux yeux humides qui regarde le ciel en priant. Et cette eau sale qui s'étend sur le sol, qui glisse lentement. L'homme saisit le premier carton, pour le protéger. Les rires se sont arrêtés. Il le tient contre son soeur et regarde l'eau noire entraîner avec elle quelques débris et l'autre carton qui se disloque.
Son paquet neuf est intact. A quelques secondes près.
Il a reconnu les signes. Il a reconnu les bruits. Mais il doit partir maintenant.
Alors lentement, je m'avance, les yeux fixés sur lui, sur son visage ridé. Il me regarde. Il me confie alors, comme convenu, son précieux paquet et puis il me montre l'eau noire:
N'oubliez pas.
5 commentaires
jeudi 27 janvier 2005
Par kadi,
jeudi 27 janvier 2005 à 12:15 :: L'avis de famille
Les poux sont dans la place.
Et ça se transmet par téléphone. Dès qu'on m'a appelé pour m'annoncer la bonne nouvelle, ça m'a gratté aussi. Même si j'en ai pas. Enfin, je crois.
Même que ma gentille copine l'a capturé (ouais il n'y en avait qu'un), comme ça. Et l'a emprisonné entre deux morceaux de scotch.
Je peux te dire qu'il se tenait tranquille comme ça, le petit pou de rien du tout. Et on en a toujours pas trouvé d'autres, sauf qu'il a peut-être planqué des centaines de milliards de descendants quelque part et que tout ça va nous sauter dessus à la prochaine occasion...
Alors, quand je suis rentré, j'ai observé cette petite chose dans son sarcophage de scotch et je lui ai fait des grimaces. Puis je lui ai déclaré la guerre chimique, moi, j'ai pas hésité. Je ne savais pas que j'étais capable de ça. On s'est regardé comme les seuls représentants des deux dernières espèces vivantes de la planète, lui dans son scotch et moi, déterminé, le mode d'emploi à la main. L'appartement est trop petit pour nos deux espèces, je lui ai dit. Et il s'est senti tout minuscule le pou. C'est à ce moment-là que j'ai appliqué le produit sur la tête de la grande soeur. Le pou a tout regardé, jusqu'à la fin, à travers son scotch. Puis il s'est étouffé avec une goutte de sang qu'il avait prise avec lui. Pouls faible mais courageux. Et puis plus de pou du tout.
J'ai alors expliqué à la grande soeur que ce n'est la faute de personne si on a des poux, parce qu'à l'école, les poux ça saute de tête en tête et que c'est comme ça.
Et plus tard j'ai vu dans le mode d'emploi que le produit marche aussi contre les morpions, sauf qu'il ne faut pas l'appliquer sur la tête dans ce cas.
5 commentaires
lundi 24 janvier 2005
Par kadi,
lundi 24 janvier 2005 à 18:18 :: Impressions
Je me suis dit tout d'un coup que tout avait été fait un certain nombre de fois. Oui, oui, j'ai des illuminations de temps en temps.
Chacun y a sûrement déjà pensé, mais maintenant c'est mon tour et je sais que c'est la première fois que j'en parle dans ce carnet. Voilà au moins une chose de sûre.
Reprenons dans l'ordre. Je me suis levé un certain nombre de fois dans ma vie. Ça n'est pas une surprise. Les plus tordus d'entre nous ont certainement tenté au moins une fois d'évaluer ce nombre en ce qui les concerne. C'est pas la peine de le nier, ça ne prendrait pas. J'ai aussi tapé, jusqu'ici, un certain nombre de lettres et de signes de ponctuation comme ce point qui suit par exemple. POINT. Voilà un de plus. Je ne reviendrai plus en arrière. Je n'en aurais jamais écrits moins de ma vie. Exactement ce nombre-là, jusqu'ici.
Il n'y a pas à dire, ça bétonne un destin de voir les choses sous cet angle. On se dit que quoi qu'il arrive, on aura effectué cette action un nombre de fois absolument déterminé et que quoi que l'on fasse demain, ce nombre augmentera peut-être mais restera tout autant absolument et précisément déterminé.
Alors forcément, quand on voit avec quelle rigueur les actions passées s'additionnent, se comptabilisent, on ne peut que redouter le nombre final, celui auquel on arrivera après avoir incrémenté, patiemment, tout au long de sa vie, chacun de ses compteurs. Et ce nombre existe. Forcément. Et chaque action que l'on répète nous en rapproche. Et même que l'on répète ou non cette action, ce nombre final ne changera pas. Car il en tient compte, le salopard.
Oui, je n'aime décidément pas ce nombre. Je voudrais mieux ne pas savoir qu'il existe, rien que pour profiter, maintenant, demain, de tout et de rien. Alors je fais comme s'il n'était pas là. Je le regarde de haut. Oui, je le méprise. Je fais les choses à moitié pour le tromper. Je joue au plus malin: je commande des demi-portions, je remplis mon verre au tiers, je demande le demi-tarif, même si on me le refuse. Tous les moyens sont bons.
Mais ça ne marche pas. Je m'en rends compte. Me rendre compte à moi-même, c'est un comble. Oui, ce nombre est invincible. C'est un fait. Alors j'ai décidé de profiter au centuple de tout ce qui m'arrive, car une bonne chose vaut cent mauvaises. Il l'aura dans l'os. Et pour moi, ça sera cent pour le prix d'un à partir de maintenant. Bien fait pour lui. Qu'il aille plutôt compter des moutons, ça l'occupera.
8 commentaires
vendredi 21 janvier 2005
Par kadi,
vendredi 21 janvier 2005 à 17:03 :: L'avis de famille
Moi, j'ai un problème avec les pyjamas.
C'est bête à dire comme ça, mais je dois bien l'avouer. J'assure pas.
Tout d'abord, et pour limiter d’entrée les inévitables frustrations, il faut savoir que les deux parents ne sont pas égaux devant les pyjamas. C'est un point important. Il y a des prédispositions génétiques particulières qui font que les femmes maîtrisent largement mieux l'art de l'emballage d'enfants que les hommes, même les plus motivés. J’en fais chaque jour l’amère expérience.
Pour ceux qui n’ont jamais eu le privilège d’habiller un bébé pour la nuit, disons, pour faire court, qu'on peut distinguer grosso modo deux grandes familles de pyjamas:
- ceux qui se crochent devant
- ceux qui se crochent derrière
Commençons par ceux qui se crochent devant. Livrés sous la forme d’une sorte de sac de couchage avec des bras et des jambes, ils ont l’énorme avantage de ressembler à leur apparence définitive une fois l’enfant à l’intérieur.
On pose donc le pyjama à plat sur le lit (je conseille le lit car, en cas de coup dur, il permet de laisser l’enfant en sécurité pour aller se saisir d’un modèle plus coopératif dans la petite commode sous la table à langer), en prenant bien soin de l’ouvrir complètement et de le positionner de sorte à pouvoir y déposer l’enfant facilement, d’un geste sûr et déterminé, sans laisser transparaître la moindre hésitation. L’objectif est évidemment de placer l’enfant en totale confiance vis-à-vis de celui qui s’apprête à le manipuler (à l’heure où la fatigue accumulée depuis la dernière sieste ne laisse pas beaucoup de place pour l’exotisme et l’inattendu).
Vous posez donc l’enfant sur le pyjama non sans lui glisser un petit sourire complice (à l’enfant – sourire au pyjama ne résoudra rien). Et à ce stade de la démonstration, je ne peux que vous conseiller de garder votre calme, car vous allez être victime d’une hallucination : le pyjama paraît trop petit. En effet, par un habile jeu de perspectives, un pyjama vide, inerte, semble beaucoup plus petit qu’un bébé qui agite les bras et les jambes et qui commence déjà à esquisser quelques grimaces d’avertissement.
N’écoutant que votre courage, vous glissez alors les bras dans ce qui figure les manches du pyjama. N’hésitez pas à agir rapidement. Ensuite, par un mouvement adroit vous remontez le bébé de manière à gagner quelques précieux centimètres de tissus sur le bas. Profitez-en pour passer les jambes dans les deux manches qui restent. Vous constaterez qu’elles sont fermées sur le bas. A vous donc de vous débrouiller pour y glisser les pieds du bébé depuis l’extérieur. Boutonnez enfin le pyjama sur le devant en prenant soin de bien dégager l’encolure pour ne pas effrayer le bébé. Mission accomplie.
Nous voici donc arrivé à la deuxième famille de pyjamas : ceux qui se crochent derrière. On peut dire, en règle générale, que si vous n’êtes pas parvenu à habiller un enfant en suivant les indications ci-dessus, c’est que vous avez affaire à un « qui se croche derrière ». Autant jouer cartes sur table tout de suite, l’opération est nettement plus complexe dans ce cas.
Livrés sous la forme d’un tas de tissu dont vous avez bien du mal à visualiser les contours, vous allez devoir faire preuve d’un sens aigu de l’abstraction. Il vous faut en effet déterminer dans quel sens le vêtement doit se mettre. La méthode qui suit n’est pas totalement au point mais elle fournit quelques pistes utiles si vous êtes confronté à ce type de pyjama.
Vous posez l’enfant sur le lit (sur le dos), recouvrez-le ensuite du pyjama. Passez les jambes dans les deux extrémités fermées du bas. Observez ensuite attentivement le positionnement des manches. Repassez les jambes car, devant votre perplexité, le bébé les a enlevées d’où vous les aviez mises. Passez les bras. Une fois ce délicat équilibre atteint, retournez l’enfant sur le ventre.
Suivant l’âge de l’enfant, vous constatez, à ce moment-là, qu’il est parfaitement capable de se remettre de lui-même sur le dos (ce qui n’arrange pas vraiment vos affaires vous en conviendrez). Remettez-le donc sur le ventre. Dans l’intervalle, l’enfant a sorti ses bras du pyjama. Remettez le bébé sur le dos et replacez les bras sans sourciller. Vous voyez alors qu’une jambe est à l’air. Réintroduisez-la dans le canon du pyjama. Dans votre précipitation, vous réalisez que vous avez croisé les deux jambes. Tentez alors de les remettre dans le bon ordre. Oui, recommencez. Pas comme ça. Encore une fois. Toujours pas.
Gardez votre calme et procédez maintenant dans cet ordre: laissez l’enfant dans le lit. Dirigez-vous d'un pas décidé vers la petite commode sous la table à langer. Ouvrez-la et munissez-vous d’un pyjama qui se croche devant. Reprenez alors les instructions ci-dessus et habillez votre enfant, et que ça saute. Vous vous êtes assez amusé pour aujourd’hui.
8 commentaires
jeudi 20 janvier 2005
Par kadi,
jeudi 20 janvier 2005 à 15:40 :: Râleries
Bush dépense 40 millions de dollars pour célébrer son investiture. Ça me coupe la chique.
Si on y ajoute les 20 millions pour les frais de sécurité autour de l'événement (à charge du district of Columbia, donc de l'état), ça nous donne pile le double de ce que les Etats-Unis voulaient donner au lendemain du Tsunami en Asie. Drôle de monde.
4 commentaires
mercredi 19 janvier 2005
Par kadi,
mercredi 19 janvier 2005 à 12:18 :: L'avis de famille
L'autre jour, j'ai joué à "feuille, caillou, ciseau". Je ne sais pas comment c'est arrivé, mais c'est arrivé. Un moment d'inattention et tu te retrouves avec une grande soeur de 6 ans sur les genoux, qui te fait face, d'un air "toutes les issues sont fermées, tu es cerné". Et là tu peux faire une croix sur une fuite discrète dans un endroit tranquille pour savourer quelques minutes de repos bien mérité.
Feuille, Caillou, Ciseau, 1, 2, 3.
Et les enfants peuvent y jouer des heures. C'est définitivement là qu'est la principale différence entre les enfants et les adultes. L’endurance à "feuille, caillou, ciseau". Moi, je ne tiens pas plus de 10 minutes. Après je craque. Je fais n'importe quoi. Je joue plusieurs fois de suite le même truc et elle m'écrase, sans pitié.
Et si tu perds, sache que la sanction est implacable. Tu es contaminé de la poêle. Tu parles d'un truc horrible. J'ai bien tenté de savoir ce que ça voulait dire, mais je suis trop bête pour comprendre. Contaminé de la poêle, c'est contaminé de la poêle. Ce que les adultes peuvent poser comme questions stupides des fois.
4 commentaires
mardi 18 janvier 2005
Par kadi,
mardi 18 janvier 2005 à 11:38 :: En vrac
Deux fidèles lecteurs ont fait remarqué une bien vilaine impolitesse de ma part: je parle d'anniversaire et je ne sers même pas un petit coup à boire.
Voici de quoi me faire pardonner (enfin j'espère). Et hop derrière la cravate !
A la vôtre, hips !
Faudra pas trop forcer sur les fraises, elles sont pas terribles en hiver.
10 commentaires
lundi 17 janvier 2005
Par kadi,
lundi 17 janvier 2005 à 22:12 :: En vrac
Victoire, le temps a repris sa marche triomphante. TADAM: j'ai enfin pu fêter dignement mon anniversaire. Hips, digne vous dis-je, jusqu'au hoquet final.
2 commentaires
vendredi 14 janvier 2005
Par kadi,
vendredi 14 janvier 2005 à 15:19 :: L'avis de famille
Suite à l'épisode de la
baignoire, nous avons testé l'autre soir une nouvelle forme d'inondation, cette fois-ci dans la chambre à coucher.
C'est évidemment bien plus amusant dans ce cas puisque le sol est en parquet... On commençait en effet à se lasser du confort surfait de la salle de bain, bien trop facile à nettoyer.
Grâce à mon témoignage, vous pouvez désormais, vous aussi, réaliser cette performance chez vous, très facilement, à condition de disposer:
- d'un bébé de 7 mois et demi (de préférence un garçon)
- d'une petite cuvette à deux compartiments
- d'eau tiède
- d'un peu de savon pour bébé
Voici comment procéder:
- Remplissez le compartiment gauche de la cuvette d'eau tiède, additionnée d'un peu de savon pour bébé.
- Remplissez le compartiment droit de la même cuvette d'eau tiède, mais sans savon (c'est pour rincer).
- Transportez la cuvette pleine dans la chambre à coucher (important) et déposez-la sur le rebord de la table à langer.
- Posez le bébé sur la même table à langer, c'est-à-dire à proximité immédiate de la cuvette remplie d'eau (étape essentielle pour la suite de la démonstration).
Jusque là c'est relativement facile, vous en conviendrez.
Procédez ensuite au déballage du bébé, histoire de rajouter une contrainte "temps" pour pimenter l'exercice. Il faut savoir en effet qu'un bébé peut prendre froid rapidement et donc qu'il ne faut pas traîner.
Vous constatez alors, de vos yeux ébahis, que le bébé commence, de lui-même, à saisir les objets qui sont à sa portée: crème, serviettes, couches, sachets en plastique, etc. à l'aide de ses petits bras, pendant que, dans une chorégraphie souple, il plie et déplie ses jambes de manière à imprimer toutes sortes de mouvements désordonnés aux objets que ses pieds rencontrent dans leur habile gesticulation. Le spectacle est saisissant. Vous ressentez alors ce petit pincement au coeur, cette boule dans la gorge, signes que cette soudaine démonstration d'autonomie ne sera vraisemblablement pas sans conséquences pour votre petit intérieur.
Ensuite, au fur et à mesure que vous tentez, naïvement, de ralentir les mouvements des jambes (par une pression localisée sur les dites gambettes ou par tout autre moyen inutile dont vous cherchez désespérément le secours), vous constatez que le rythme des membres inférieurs s'accélère et surtout que le bébé procède peu à peu à une sournoise rotation au niveau du bassin de manière à étendre son rayon d'action et donc l'éventail des cibles touchées.
Si tout se passe comme prévu, trop occupé au sauvetage désorganisé d'un paquet de serviettes, vous ne pourrez contrer l'attaque finale, l'hiroshima du changement de couche, la matrix revolution de la pouponnerie: la chute de la cuvette sur le sol délicatement boisé de votre chambre à coucher.
Et là, comme dans les scènes les plus dramatiques de Titanic, vous verrez l'eau savonneuse glisser sous les meubles, se faufiler entre les objets disposés dans la pièce, rebondir contre le mur sous la fenêtre et progressivement recouvrir jusqu'au bon tiers de la surface de la pièce (ainsi que la petite couverture que vous aviez auparavant pris soin de laisser tomber par inadvertance sur le sol).
Je ne vous ferai pas l'affront de décrire les étapes qui suivent car chacun à ses méthodes pour gérer le stress et la contrariété dans les situations délicates.
Je me permettrai simplement de vous faire remarquer, amicalement, que pendant ce temps le bébé (en plus de rigoler et de se moquer ouvertement de votre incompétence) est totalement découvert et risque bel et bien de prendre froid, ce qui lui serait, bien évidemment, très dommageable...
4 commentaires
jeudi 13 janvier 2005
Par kadi,
jeudi 13 janvier 2005 à 14:24 :: Les joies du bureau
Le jeu de mot est facile et c'est tant mieux. Je ne vais quand même pas me compliquer la vie ce premier jour de boulot.
Ça va mieux on dirait, à part la tête qui siffle de temps en temps, mais ça ne s'entend pas de l'extérieur.
Je suis d'attaque et je me dis que ça tombe bien si je me jette un oeil sur la pile de trucs en cours, mais comme tout est urgent, rien n'est vraiment plus urgent que le reste...
Sinon, à ceux/celles qui passent par là (s'il en reste), tout va comme vous voulez ?
6 commentaires
mardi 11 janvier 2005
Par kadi,
mardi 11 janvier 2005 à 14:51 :: Histoires courtes
Je suis retombé sur un carnet qui doit bien dater d'une quinzaine d'années...
Imaginez un monde vide, silencieux, transparent, un monde d'eau, d'air, de vent, un monde où chaque bruit se refléterait, se glisserait, tourbillonnerait infiniment, un monde peuplé de visages immobiles, de décors indistincts, un monde à la fois liquide et vaporeux, un monde à mi-chemin entre l'eau claire et le vide absolu, un monde parfait.
Au-milieu de ce monde, dessinez un oiseau blanc, sublime, aux grandes ailes fines, au corps léger, en harmonie totale avec le ciel, avec la terre, avec la vie.
Faites-le planer maintenant au-dessus du vide, au-dessus du creux de l'âme, plus loin que la mer, plus loin que la matière, au-delà de lui-même, au-delà de l'imaginaire. Laissez-le voler, laissez-le suivre le courant, laissez-le rattraper le temps, se mêler aux formes, aux figures, aux ombres, se mélanger au silence, laissez-le devenir son propre murmure, écoutez...
Unique instant où le corps et l'âme s'unissent implicitement, où les visages se noient dans le vide, où le monde lui-même s'évapore, se faufile à travers sa matière. Ce vertige vous attire, vous approchez ce monde synthétique, vos yeux se perdent déjà sous les vagues, votre âme se détache peu à peu et vous disparaissez. Vous vous glissez dans le vide, vous vous liquéfiez, vous coulez le long du silence.
2 commentaires
lundi 10 janvier 2005
Par kadi,
lundi 10 janvier 2005 à 12:50 :: Râleries
Bon, je me suis décidé à aller voir un médecin, histoire d'éviter la broncho-pneumonie de l'année dernière.
Comme toujours, n'étant pas un fidèle parmi les fidèles, j'ai pris l'annuaire, choisi un nom au hasard et pris rendez-vous pour tout de suite, enfin le temps d'arriver, quoi.
Et bien, je peux dire que pour un coup d'essai, ce fut un coup de maître. Bingo. Je suis tombé sur le premier médecin généraliste-statisticien de tout l'univers.
J'arrive avec ce qui ressemble à une grippe, je repars avec une probabilité. D'abord un avertissement pour mettre les choses au point tout de suite: vous avez 25% de chances d'être hors épidémie. Le mot épidémie ne rassure pas alors on se dit que ces 25% ont bien de la chance, petits veinards. Et bien non. Car il faut savoir que les risques que la grippe dégénère en pneumonie atypique sont plus grands si vous êtes hors epidémie. En gros, il vaut mieux avoir la grippe qu'un truc qui y ressemble. Il m'explique ensuite que j'ai 50% d'être en plein dans l'épidémie. Là c'est tentant, c'est pas tous les jours qu'on est victime d'une épidémie, et puis la grippe, tant qu'elle parle pas espagnol...
Chacune des options présente ses avantages et ses inconvénients mais en gros, pour ce qui nous concerne, on est tout aussi glauque avec l'une ou l'autre des versions.
Dans mon petit calcul, il me semble qu'il nous manque encore 25% des patients, mais j'ai pas insisté. J'imagine qu'ils ont des trucs qui nous concernent pas.
Ensuite, il faut ramener mon expérience grippe avec les courbes de l'année passée pour savoir si ce que j'ai eu l'année passée avait de bonnes chances d'être la grippe ou pas niveau timing, tout ça pour savoir si le fait que ça ait dégénéré en truc moche soit dû à moi ou à ce que j'ai eu.
Vous suivez ? Enfin bref, prenez deux comprimés de paracétamol et on verra bien.
Ouais, moi je dis que les médecins ont bien de la chance de nous voir que quand on est malades et complètement vaseux...
4 commentaires
samedi 8 janvier 2005
Par kadi,
samedi 8 janvier 2005 à 00:51 :: L'avis de famille
Bon, ben la lapin est définitivement perdu, je crois bien. Il restait un mini espoir avec le bureau des objets trouvés (bien que Pinpin n'ait rien d'un objet) mais rien du tout. Pas de peluche, encore moins de Lapin Pinpin.
Avec un peu de chance, il a été adopté (kidnappé ouais, n'ayons pas peur des mots) par un brave petit (tu parles d'un sale gosse) qui s'en occupera bien (il a intérêt).
Renseignements pris, la piste "St-Germain" suggérée par le
commentaire de l'autre jour s'est révélé n'être qu'une supercherie. L'enquête est en cours.
3 commentaires
vendredi 7 janvier 2005
Par kadi,
vendredi 7 janvier 2005 à 14:56 :: Râleries
Pff, grippé depuis hier. La gorge qui gratte, le nez qui coule, la tête qui siffle, pas terrible. Le pire c'est que c'est mon anniversaire aujourd'hui. Tu parles d'un cadeau. Même que ma gentille copine avait préparé une chouette surprise et que tout tombe à l'eau à cause de ça. Valait bien la peine d'attendre toute une année pour ça.
Heureusement j'ai reçu une super souris laser et un dessin plein de couleurs rien que pour moi...
6 commentaires
mercredi 5 janvier 2005
Par kadi,
mercredi 5 janvier 2005 à 15:51 :: L'avis de famille
Grande journée hier. Ma soeur est passée avec son nouveau copain.
L'autre (le premier sérieux du nom) avait tenu 3 ans, donc l'événement est d'importance.
Récit chronologique
- Oui, on va passer tout à l'heure, ça joue pour vous ?
- Ben ouais, si vous êtes dans le coin...
Tu poses le téléphone, tu regardes le carrelage 2 secondes (oui, ça m'arrive) et puis ça fait
ding, dong.
Je n'ai jamais été très au clair avec ce que veut dire "tout à l'heure", mais il me semblait que c'était un truc plus long que ça.
Comme ma soeur est un peu plus jeune que moi (on a juste 13 ans de différence), un copain à présenter se retrouve en face de deux obstacles majeurs (par l'âge): les parents bien-sûr qui vont l'observer avec le regard rassurant et complice du gendarme lors d'un contrôle routier et ce vieux frère dont on aurait tort de sous-estimer l'importance stratégique.
Donc le type arrive et commence avec un vouvoiement de première classe, tout intimidé... Il balbutie, se raidit, puis se cale dans un fauteuil et n'en bouge plus. Bienvenue, hm.
J'engage alors une conversation passionante, avant de réaliser que ma soeur, l'une des personnes les plus bavardes au monde (avec ma cousine qu'il ne faut pas appeler si tu as quelque chose sur le feu), lui a déjà raconté grosso modo toutes les choses intéressantes que je m'apprêtais à lui révéler.
Oui, oui, elle m'a déjà dit, hm.
Moi, à sa place, dans son fauteuil, j'en aurais profité pour poser les questions dont je connaissais les réponses, j'aurais feint la surprise, j'aurais brodé, joué le jeu, glissé vers le terrain connu.
C'est bien dommage que dire deux fois la même chose soit perçu comme un signe de sénilité. C'est pourtant la patte des perfectionnistes, de ceux qui remettent l'ouvrage sur le métier, qui l'enjolivent, qui ont le souci de l'artisan. Les autres sont de la race des téléscripteurs et s'empressent de te signaler ce que tu as déjà dit, surtout si ce que tu dis n'est pas exactement pareil à chaque fois.
Enfin bref, j'espère juste qu'il sera plus rigolo la prochaine fois.
5 commentaires
mardi 4 janvier 2005
Par kadi,
mardi 4 janvier 2005 à 17:07 :: Râleries
Difficile de supporter ces images de touristes qui rôtissent sur les plages de Thaïlande.
Ils ont beau dire que ça soutient l'économie locale, moi je les noierais bien dans leurs daiquiris.
Cela me rappelle ces vieux routards croisés en Afrique qui se la coulent douce en traitant les autochtones de feignasses. J'ai l'impression qu'ils se réalisent dans la misère des autres.
2 commentaires
lundi 3 janvier 2005
Par kadi,
lundi 3 janvier 2005 à 14:06 :: Les joies du bureau
La rentrée et toujours personne à qui parler dans ce bureau.
Je me dis que j'aurais dû prendre plus de vacances.
Si ça continue comme ça je vais devoir me mettre au boulot. C'est moche d'en arriver à de telles extrémités.
Et toujours pas de nouvelles du lapin.
5 commentaires
dimanche 2 janvier 2005
Par kadi,
dimanche 2 janvier 2005 à 22:53 :: L'avis de famille
Catastrophe majeure cet après-midi. Lapin Pinpin s'est perdu.
On s'était dit qu'une petite balade nous ferait du bien mais comme la grande soeur n'aime pas les promenades (surtout quand il fait froid, moche, etc.), elle a pris son fidèle peluche avec elle, histoire d'obliger quelqu'un à son tour. Mais le pauvre Lapin Pinpin n'est pas revenu de la promenade. Il va dormir dehors, et sans les chaises.
Il s'agit d'un lapin jaune, tout mou, avec un pantalon bleu. Il nous manque déjà.
Les recherches vont reprendre demain matin.
2 commentaires