Kadi-Blog

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jeudi 26 mai 2005

Pas trop de glauque s'il vous plaît

- Quand j'étais petite, j'aimais pas manger du glauque. Mon petit frère il aime le glauque ?

- Hm, tu fais bien de me poser la question. Je ne sais pas. Ça ressemble à quoi du glauque déjà ?

- Ben c'est comme du porridge.

J'ai encore appris un truc aujourd'hui.

samedi 14 mai 2005

Temps mieux

Je me vois quelques milliers d'années plus tôt, au milieu d'une immense forêt. Tout est différent mais connu à la fois. Une végétation tellement dense qu'elle semble n'être faite que d'une seule et même plante, des cris d'animaux dans le lointain, des bourdonnements autour de moi qui me glacent le sang. Je connais tout cela bien-sûr, mais dans l'habituelle et rassurante segmentation de notre époque, dans ces allers-retours contrôlés dont notre monde se régale. Vivre autre chose rien qu'un instant et revenir sagement s'asseoir, comme dans ces attractions que l'on visite sans se détacher, rien que pour les vertiges qu'elles procurent, sans jamais perdre pied, sans jamais risquer d'y laisser son souffle.

Aujourd'hui, ce n'est plus une simple visite. C'est une nouvelle vie. Il me semble n'avoir jamais été si violemment confronté à l'extérieur. Ces premières minutes sont insupportables. Comment se retrouver, survivre, au milieu de cette jungle où tous mes repères sont inexistants, où je suis plus vulnérable que toutes les autres espèces, ma seule force étant cette vague connaissance du chemin à suivre ?

Alors je me remémore ce qu'il me reste de mon passage dans l'autre temps, dans le temps d'après, comme pour me rassurer. Toutes ces leçons sur les premiers hommes, sur l'âge du feu, de la pierre, du bronze, et voilà qu'en un éclair c'est moi qui suis devenu le premier homme. Je connais peut-être un peu la route, c'est tout autre chose que de la vivre. Savoir un peu est une maigre consolation, tant ce que j'ai appris n'a rien à voir avec le monde qui s'étale devant moi, qui m'attend et qui s'apprête à m'aspirer.

La nuit va venir, ma montre indique 18 heures. Drôle d'objet au milieu de nulle part, qui garde encore en lui les battements d'un temps qui n'existe pas encore, qui n'existera peut-être jamais.

Je récupère deux ou trois branches, j'arrache quelques grandes herbes sèches pour construire un semblant de plancher à deux ou trois mètres du sol. Je ne suis pas très adroit, il faudra bien s'y mettre.

Cette première nuit est atroce, je ne peux pas m'endormir, j'ai l'impression que je suis couvert d'insectes, j'ai presque mal à force d'y penser. Et ces provisions qui ne vont pas durer, tous ces vestiges transportés d'un autre temps qui vont s'évanouir, se laisser recouvrir par cette vie qui grouille, qui suinte sous chaque branche, sous chaque pierre. Il ne restera bientôt plus que le souvenir et la peur omniprésente.

Le temps passe, les jours se suivent et je ne parviens pas à me détacher de ce que je sais, je suis comme obsédé par des pistes à suivre que je ne retrouve pas, par des signaux que je ne vois pas. Je me perds à vouloir tout comprendre, tout reprendre. La peur de ne pas me souvenir est plus forte que celle de mourir vraiment.

Mais peu à peu, jour après jour, je sens comme une nouvelle force monter lentement, une nouvelle confiance inespérée, un instinct resurgi du fond des temps. Oui, ce monde est le mien, oui je vais reprendre la route, oui je vais poursuivre, mais cette fois-ci comme je l'entends, comme je le peux, comme je le ressens. Je veux vivre cette route, je veux en connaître chaque virage, chaque danger, chaque erreur, chaque victoire. Je veux laisser de côté tout ce que je sais, tout oublier pour apprendre à nouveau, pour apprendre vraiment. Et qui peut savoir ? Peut-être sommes-nous même déjà revenus dans cette forêt, il y a longtemps.

La vie est un recommencement, cette fois encore.

vendredi 13 mai 2005

Couper court

Je ne comprends rien au sens des affaires. Tiens, par exemple, l'autre jour, alors que je venais de me croiser dans le miroir fixé à la paroi de l'ascenseur, je me suis suggéré (poliment) de prendre rendez-vous chez ma coiffeuse. N'écoutant que mon courage, je me suis donc dirigé vers la vitrine et suis entré, tout heureux de trouver si vite remède à mes frisettes. Mystère, je ne vois pas ma coiffeuse. Le propriétaire du salon, que j'avais déjà croisé les autres fois, remonte depuis le fond de son salon complètement désert:

- Elle ne travaille plus ici Céline, elle est plus là. Elle est partie.
- Hm, euh.

[...pour couper les cheveux qui me restent, Céline ou pas Céline ça ne doit pas changer grand chose...]

- C'est plus un salon Z ici, ça a changé. Z c'est fini.
- Ah, ben...

[...bon, entre nous, hein, je crois qu'on s'en tape que ce soit Z ou pas Z, pas vrai ?...]

- C'est plus cher aussi, je ne sais pas ce que vous payiez avant, maintenant c'est 45.-
- Euh

[...je trouvais déjà cher avant, mais là c'est compté large...]

- C'est 45.- shampoing et coupe, ça fait même plus avec les produits.
- Ah ben dites-donc.

[...ça donnerait presque envie d'être chauve...]
[...j'aimerais bien me tirer d'ici tout de suite...]

- Je préfère vous dire avant, comme ça vous n'avez pas la surprise.
- Bien aimable à vous. Pour la suprise, c'est bon, j'ai ce qu'il me faut. Je crois que je vais peut-être aller me faire voir ailleurs.

- Tout à fait, comme vous voulez. Au revoir.

mercredi 11 mai 2005

Train toi bien

Petit voyage en train, histoire de voir à quoi pourrait ressembler mon nouveau bureau. Il y a comme du changement dans l'air...

C'est aussi une bonne occasion de tester mon nouveau phono-blog avec photo moche (désolé mon téléphone n'est pas de première fraîcheur, mais le noir et blanc est fait tout exprès).