Vous me croirez, vous me croirez pas, il m'a fallu une semaine pour obtenir que quelqu'un daigne enfin nettoyer ma cage. C'est un comble ça. Je suis un modèle de gentillesse, jamais un mot plus haut que l'autre, jamais une morsure (ou juste une petite marque de rien du tout quand c'est vraiment nécessaire), jamais une allusion gênante sur l'aspect de l'un ou l'autre de mes colocataires (même si je me ferai jamais à leur dégaine de grenouille). Et la récompense ? Hein, où qu'elle est la récompense pour Kriki ? Nada. Rien du tout. Juste une carotte ou un morceau de fenouil balancé de temps en temps, au gré des humeurs de Monsieur ou Madame de Bipédie. Il m'a donc fallu jouer les intéressants, siffler telle la marmotte alpine, pour qu'enfin on s'occupe un peu de ma petite personne.

Moi, je dis que la rentrée c'est pas bon pour les cochons d'Inde.

D'autant plus que le petit, celui qui passait pour un sympathique et inoffensif quadrupède, qui traînait par terre en zozotant, en bavotant, et bien figurez-vous qu'il s'est mis debout dimanche dernier et que depuis il essaie toujours d'ouvrir ma cage rien que pour me tirer les poils du dos. C'est beau l'évolution. Merci bien.

Mais je m'en fiche, parce qu'un jour je serai carnivore et je peux vous dire que ça rigolera un peu moins dans les chaumières. Non mais.