Kadi-Blog

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vendredi 28 octobre 2005

Science-Friction

Et la grippe à bière, personne n'en parle ? C'est ça ?
Celle qui fait mal à la tête le lendemain matin, celle qui nous fait voir le monde comme si on regardait à travers la visière de Dark Vador, hein ?

Les volatiles en ont assez de jouer les dindons de la Force.

[pff, n'importe quoi]

jeudi 27 octobre 2005

Le mur de verre

Ça fait un petit moment que je tourne autour du pot, que je cherche comment présenter la chose.

Je me suis d'abord dit que je pouvais commencer comme ça, par la description d'une marche à plusieurs. On se tient par la main, ou par les yeux, ou par une idée qui rassemble. On s'associe, on s'acoquine, on s'allie. Et puis on prend conscience un beau jour que quelque chose s'est mis en place, quelque chose que l'on n’a pas vu venir, que l'on n’a même pas cherché, et qui fait du bien. Oui, comme un groupe, une sorte de tribu. On en prend d'autant plus conscience lorsque l'on croise d'autres gens. Tiens c'est curieux, ils sont si différents. C'est qu'ils font partie d'autres groupes, d'autres alliances, ou que sont des solitaires. Les regards se croisent, des propos s'échangent poliment, mais chacun reste derrière son mur de verre, cette vitre qui sépare ceux qui ne sont pas ensemble, ceux qui ne sont pas liés, bref ceux qui ne se connaissent pas.

Puis, je me suis dit que je pouvais tout aussi bien imaginer que les uns et les autres ne s'accompagnent que de temps en temps. Que les groupes ne se font qu'au gré des circonstances, mais se recomposent sans cesse. Sans jamais rien de définitif, sans engagement. Simplement dans l'instant. Ensemble dans l'instant. Dans une communion temporaire qui n'existe justement parce qu'elle n'est que temporaire, qu'elle ne prend pas d'espace dans le futur, qu'elle n'hypothèque aucune ressource, aucune illusion, qu'elle nous laisse libre de nos choix ou de notre refus de choisir. Rien ne dure de toutes façons, sauf peut-être les sentiments profonds, ceux qui soutiennent la vie à bout de bras depuis la nuit des temps, mais pas les autres, pas ceux de tous les jours. Pas ceux-là.

Alors, j'ai senti que ces vitres que j'imaginais d'abord, ces visages que je voyais comme glisser derrière, intouchables, étrangers, presque interdits, ne sont peut-être que les reflets de nos propres expressions, de nos propres doutes, de nos propres espoirs. Que nous sommes tous semblables, identiques dans l'instant, et que ces gens, derrière ce miroir, derrière cette frontière supposée, nous respirent, nous touchent, nous comprennent. Le rapprochement est évident, implicite.

Je me dis qu'à cet instant aussi, tous nous sommes derrière nos pensées, derrière nos vies, toutes différentes, toutes personnelles. Faire ceci, lire ces quelques lignes en passant. Mais à ce même instant, exactement, nous sommes ici. Sans s'en rendre compte. Juste à cet instant. Et ce qu'il se passera dans une seconde n'a pas d'importance.

Déménagement

Bon, apparemment vous y êtes.

J'ai tout réinstallé à la vitesse de l'éclair, s'il y a des trucs qui marchent pas, merci de vous manifester...

On peut aussi se manifester si ça marche...

mardi 25 octobre 2005

Couper court II

On naît le cheveu court ou le cheveu absent. Et puis ça pousse, petit à petit, jour après jour, d'abord de tout petits cheveux fins, lisses comme des miroirs, et puis un beau jour, sans s'en être rendu compte, on a les cheveux trop longs, comme les autres. Alors on prend rendez-vous chez le coiffeur.

C'était hier, première séance de coupe pour le petit gars.

Ça doit être l'âge (ou mon côté autruche) mais un rien m'émeut.

lundi 17 octobre 2005

Essorage

Si vous cherchez de l'eau, ne cherchez plus, je m'en occupe. Non, c'est pour moi, pas de souci, ça viendra tout seul.
Une semaine, c'était pas demander la lune non plus. Une petite semaine, hein ?
Même pas. Rien. Ou deux jours à peine. Le temps d'y aller quoi.

- Dès qu'on est arrivé, dès qu'on a vu la mer, le ciel, tu te rappelles la couleur du ciel ?
- Gris, noir, moche.
- Et puis après, tu te rappelles.
- J'aimerais mieux pas en parler.
- Tu t'en rappelles ?
- La pluie, le vent, le froid.
- Oui. C'est ça. Avec la mauvaise humeur qui va avec.
- Avec la mauvaise humeur qui va avec.
- Tu parles de vacances.
- Banyuls sur mer, je m'en souviendrai.
- Banyuls sur pluie.
- Même qu'on est remonté, tout contrarié, et que ça nous a suivi. Jusqu'à Nîmes.
- Jusqu'à Nîmes.
- Moche.
- Et qu'après on en a eu marre et qu'on est rentré.
- Moche.
- Grincheux.
- Et là faut revenir au bureau.
- Il fait beau.
- Il y a du soleil plein les fenêtres.
- Ça donnerait envie de s'acheter des rideaux.

jeudi 6 octobre 2005

Qui fait les yeux ronds dans la salle ?

- Si tu fais des taches sur ta chemise, faut pas utiliser le produit rose que j'ai vu à la télé parce que ça marche pas bien. La dame, elle fait une grosse tache, et puis elle met le produit rose, elle attend et puis elle met de l'eau et la tache elle reste mais elle dit qu'elle est plus là. Mais moi j'ai vu qu'elle a les yeux ronds. Ça veut dire qu'elle ment. L'autre jour Kirian, il a menti et la maîtresse elle a dit qu'on pouvait voir quand quelqu'un mentait. Si il a les yeux ronds.

- C'est tout à fait juste.

Elle est bien cette nouvelle maîtresse.

mercredi 5 octobre 2005

L'humeur qui bouge dedans

Grincheux, jovial, souriant, désabusé... Toutes ces humeurs vont et viennent, jour après jour, sans que nous ne sachions qui tire les ficelles.

Comme si nous avions quelque chose de vivant dedans, quelque chose que nous sentons mais que nous ne contrôlons qu'à moitié. Drôles d'humeurs, nous pouvons les pressentir, les ralentir, les exciter, mais elles vont toujours dans la direction qui leur plaît. Même et surtout si nous sommes pas d'accord, si nous sentons la déchirure, si nous nous voyons nous enfoncer lentement. Moitié homme, moitié taureau, les cornes au vent, prêt à bondir sur qui passe trop près ou Don Juan, charmeur, conquérant, manipulateur.

Je regarde ces heures passées avec le filtre de l'humeur du moment. Je ne me reconnais pas et pourtant sans humeur nous ne sommes plus rien, plus qu'un désert, sans dunes, sans tempêtes, sans saison. C'est bizarrement équipé que nous avançons comme des soldats, à la merci d'un coup du sort, d'un coup d'humeur, chaque jour à nous manipuler pour être présentable, à nous lisser, courageusement, seul contre soi.

Folie douce que l'on assume, tant que l'on ne perd pas pied, tant que l'on ne se pardonne pas tout.

lundi 3 octobre 2005

Fausse joie

C'est bientôt les vacances d'automne dans ce pays de loups:

- J'ai pas trop envie d'aller à l'école demain.
- Allez, courage, c'est la dernière semaine...
- Ah, la dernière ? Et après c'est fini ?
- Euh, comment ça fini ? Ben après c'est les vacances.
- Ah, seulement les vacances. Pff.

Il y a des jours où je suis content d'aller au bureau.