Kadi-Blog

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jeudi 29 décembre 2005

Dasvidania

10 jours de vacances à la frontière russo-ukrainienne, départ cette nuit... 3 heures d'avion, 15 heures de train, ça me fera les pieds (glacés) et les joues rouges.

Where I end and You begin me trotte dans la tête. Je me demande comment on faisait avant d'avoir Radiohead.

Bonne année à vous !

Portez-vous bien.

mercredi 28 décembre 2005

Le mur de verre II - Turbulences

Je pensais que tout était bien tranquille, bien organisé, que rien ne pouvait se mettre véritablement en travers de ma route.

Ou plutôt je m'arrangeais pour ne pas porter trop attention à ce qui se passait derrière la limite, derrière ce qui m’apparut plus tard comme le mur de verre. J'ignorais même tout de ce mur à ce moment-là et de ce qu'il pouvait signifier. Oui, ce mur dont j'ai déjà parlé mais dont j'ai pris soin jusqu'ici de cacher les enjeux. Il n'avait simplement pas de portée dans mon existence alors bien réglée.

Jusqu'au milieu de cette année. C'est là que je l'ai vu. C'est là que je l'ai senti. Pour la première fois.

Personne ne sait de quoi sont faites les rencontres et les coïncidences : Un jour, une minute, un regard en croise un autre. Nous nous sommes retrouvés ainsi l'un à côté de l'autre, comme ça. Presque immobiles, observés, surveillés, dans des circonstances qui ne laissent pas de place aux écarts, aux changements de cap, mais avec, tout au fond, comme une petite lueur qui nous animait, elle et moi. Nous nous regardions nous-mêmes dans cette curieuse posture, attentifs aux moindres battements de cœur, à la plus petite hésitation. Mais le mur surgit du sol comme une vague, bouscula nos deux petites silhouettes comme des coquilles vides et se dressa entre nous. Il glissa comme un rideau de fer, n'arrêtant sa course qu'à la hauteur de nos visages. J'en senti le souffle tout proche, cette froideur minérale qui divise les êtres, sans mesure, sans distinction. J’ignorais qu'une telle force, venue de nous-mêmes, pouvait nous contraindre aussi violemment.

Je ne vis alors l'autre monde qu'au travers de la vitre. J'observais le visage sourire, le visage parler, sans écho, sans vertiges, comme un portrait figé allant de pauses en pauses. Et je voyais ce visage glisser si souvent derrière la paroi de verre. Je regardais ses yeux me fixer, sa bouche me sourire, nos mains s'effleuraient parfois, mais le visage restait parfaitement inaccessible, protégé par le mur de verre, un visage si proche, mais si loin de moi.

Le voir couler derrière la vitre provoquait parfois de petites brûlures ici, tout au fond, mais la vitre nous laissait aussi hors de portée, hors de danger.

Puis, au fil de jours, le mur se fit moins rigide, moins définitif. Je perçus alors, me sembla-t-il, de premiers craquements, de petits mouvements furtifs comme une vie qui s'accroche, qui subsiste.

Je pris peur. Le mur rassurait, évidemment, simplifiait, abrégeait les doutes et les souffrances.

Mais il nous laissait aussi, malgré nous, le temps de se connaître sans s'en rendre compte, tellement convaincus de ne prendre aucun risque.

Jusqu'au jour où il disparut complètement de ma vue. Je me retrouvai alors sans défense, maladroit, privé d'air, avec cette impression soudaine d'être proche de quelqu'un que je ne connaissais pas, de n'avoir aucune justification, aucune explication, aucune excuse, aucun alibi. La vitre était toujours là mais elle laissait désormais passer les courants, les parfums, les frissons, les vertiges.

J'eus tout d'un coup ce curieux sentiment d'appartenir à une autre vie. J'ignorais de quelle heure était ce démon et je me sentais bien seul, bien mal équipé pour l'affronter, si peu préparé pour trier le vrai du faux.



Pour mon malheur, les turbulences semblaient même se refléter dans la vitre, comme les signaux symétriques d'une douleur partagée. Les apparences sont souvent menteuses, et je savais cette vitre n'existait que dans ma tête, que tout ce monde n'était constitué que de petits riens ré-assemblés au gré de mes humeurs, de mes faiblesses, mais je ne comprenais pas ces phrases restées suspendues dans l'air, ces regards liquéfiés sous la paupière, ces silhouettes fuyantes, ces contacts inattendus, courageux, normalisés mais brûlants comme des étoiles. J’avais l'impression que nous n'étions qu'un mais que nous ne connaissions pas l'autre partie de nous-mêmes.

Le mur n'avait jamais laissé d'espace pour le dialogue, pour le partage des doutes et des craintes. Toute cette illusion s'était construite comme un mirage, solitaire et douloureux. Savoir ce mur affaibli, ralenti, dépassé, provoquait chez moi un terrible besoin de certitudes, d'assurances, de vérités; savoir, comprendre, pour ne plus tourner en rond, pour ne plus s'éparpiller dans d'impossibles conjectures, pour cesser la torture. Mais la vérité, si elle existe, si elle est possible, pouvait aussi coûter très cher et blesser plus qu'il n'en fallait. S'exposer est une manœuvre courageuse, terriblement honnête, mais formidablement suicidaire. S'interroger était déjà difficile à accepter, à envisager, alors se montrer sous un jour incongru, presque animal, pouvait tout anéantir, tout effacer, de part et d'autre des ruines de ce mur de verre. Jusqu’à ma propre vie. Le prix du vertige était bien élevé pour oser montrer ses limites et ses faiblesses. Triste obsession de la faiblesse, triste analogie entre sentiments et faiblesses.

Peut-être fallait-il alors attendre que quelque chose se passe, ou que quelque chose s'évanouisse, ou que le mur revienne enfin, reprenne sa place, solide et rassurant comme un rempart contre les doutes et les angoisses ? Feindre en quelques sortes de ne pas avoir remarqué ses limites, sa fragile frontière entre la vie qui grouille et la vie qui passe.

Et si tout cela s'effaçait ensuite, si tout cela redevenait comme avant ? Ce que j'avais vu, cette soudaine défaillance, cette étincelle, cette fièvre, resterait quelque part, bien cachée, comme un secret, comme une cicatrice qui me rendrait peut-être un peu plus solide, un peu plus sûr de moi, une autre fois.

lundi 26 décembre 2005

Mise au poing

Je ne sais pas vous, mais je me fais littéralement envahir par des centaines de commentaires vantant les progrès de la médecine sur ce blog...

C'est toujours instructif de découvrir un nouvelle facette de l'imbécilité du bipède humain.

Bref, j'ai rajouté un plugin qui complique un peu la saisie des commentaires pour les humains et mis aussi deux-trois accessoires pour bloquer ces spammeurs automatiques.

Merci à Dash, du bon boulot.

En même temps, comme j'ai déjà pas beaucoup de commentaires sur ce site, je devrais peut-être passer dans le côté obscur...