Kadi-Blog

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

vendredi 6 octobre 2006

Vide ton sac

Qu'est-ce qu'il y a dans un sac d'école en fin d'après-midi, disons vers 16.00 ?
Des livres ? Ouais, parfois.
Des bonnes notes ? C'est possible.
Des trucs à manger ? Ouais, si t'as choisi de donner une pomme ou un truc sain le matin, c'est pas impossible que ça soit rapporté le soir.
Des invitations à des anniversaires ? Ouais, ça y en a. Et pas qu'un peu. Si j'étais invité aussi souvent, je pourrais m'appeler Kadi-le-Jet-Setter.
Des invitations à des trucs que tu sais pas ce que c'est ? Ouais aussi. Sauf que tu sais pas ce que c'est:

Les enfants ont imaginé un jeu, ils ont décidé de se marier, ce vendredi. J'irai les chercher après l'école, nous ferons cela dans notre jardin. Je peux mettre à disposition des déguisements, mais ce serait bien si votre enfant pouvait apporter le sien...

Ah ouais, tranquille. Ma fille de 7 ans se marie. C'est bien, il était temps de la caser. Et puis c'est la mère d'une de ses copines de classe qui organise, c'est cool. En plus je ne la connais pas, c'est bien qu'elle se donne tout ce mal.

VVVLLLAMM. Ça fait toujours bizarre de tomber de sa chaise.
Non, non ça va, j'aime bien tomber de ma chaise de temps en temps, ça me fait faire un peu d'exercice.

vendredi 11 novembre 2005

Minute, on dort

Je suis du genre à minimiser les heures de sommeil. Le sommeil en flux tendus, c'est ma spécialité. Pour moi, Il n'y a tout simplement rien de pire que de se coucher tôt, même si le réveil a tout d'une réanimation d'urgence. Et je dois bien avouer que ça marche pas trop mal (à moins que je ne sois plus en mesure de me rendre compte de quoi que ce soit). Les cernes s'accumulent pendant la semaine, on me demande comment je vais le mardi, on me regarde bizarrement le mercredi et on me suggère carrément de prendre quelques vacances le jeudi, mais je récupère le samedi matin, ni vu, ni connu, et je suis prêt pour une nouvelle semaine. Personne n'y trouve rien à redire.

Sauf qu'on ne peut pas tout prévoir, évidemment. On ne peut pas prévoir, par exemple, que le petit gars va justement choisir la nuit du jeudi au vendredi pour faire un cirque incroyable entre minuit et quatre heures du matin. Et que je vais me retrouver à me promener dans l'appartement, à me faire à moitié dévorer la main en pensant que ce sont les dents qui lui font mal, à préparer un x-ième biberon de lait chaud (il paraît que c'est infaillible, moi je dis que préparer des biberons au milieu de la nuit ça fait surtout dormir les parents), bref, que je vais faire plein de choses intéressantes, sauf dormir.

Résultat, le vendredi matin, je peux mettre à la poubelle mes jolis principes de sommeil en flux tendus. C'est juste du sommeil tendu, très tendu. Et dire que j'arrive encore à travailler, ça tient du miracle. A moins que tout cela ne soit qu'un mauvais rêve. Si ça se trouve je suis en train de dormir. Mais rêver qu'on ne dort pas, ça m'étonnerait que ce soit très efficace pour récupérer.

jeudi 3 novembre 2005

Caté-gorique

- Ma copine, elle avait un cours cet après-midi.
- Ah c'est bien ça. C'était un cours de quoi ?
- Un cours de catéchips. Avec Dieu je crois.
- On dit catéchisme. Je savais pas qu'elle allait là-bas...
- Ouais, catéchip. C'est quoi le catéchip en fait ?
- C'est un endroit où on apprend l'histoire de Jésus et tout ça. Tu veux aussi y aller ?
- Euh non, ça va. Je peux aller jouer dans ma chambre maintenant ?

mardi 25 octobre 2005

Couper court II

On naît le cheveu court ou le cheveu absent. Et puis ça pousse, petit à petit, jour après jour, d'abord de tout petits cheveux fins, lisses comme des miroirs, et puis un beau jour, sans s'en être rendu compte, on a les cheveux trop longs, comme les autres. Alors on prend rendez-vous chez le coiffeur.

C'était hier, première séance de coupe pour le petit gars.

Ça doit être l'âge (ou mon côté autruche) mais un rien m'émeut.

jeudi 6 octobre 2005

Qui fait les yeux ronds dans la salle ?

- Si tu fais des taches sur ta chemise, faut pas utiliser le produit rose que j'ai vu à la télé parce que ça marche pas bien. La dame, elle fait une grosse tache, et puis elle met le produit rose, elle attend et puis elle met de l'eau et la tache elle reste mais elle dit qu'elle est plus là. Mais moi j'ai vu qu'elle a les yeux ronds. Ça veut dire qu'elle ment. L'autre jour Kirian, il a menti et la maîtresse elle a dit qu'on pouvait voir quand quelqu'un mentait. Si il a les yeux ronds.

- C'est tout à fait juste.

Elle est bien cette nouvelle maîtresse.

lundi 3 octobre 2005

Fausse joie

C'est bientôt les vacances d'automne dans ce pays de loups:

- J'ai pas trop envie d'aller à l'école demain.
- Allez, courage, c'est la dernière semaine...
- Ah, la dernière ? Et après c'est fini ?
- Euh, comment ça fini ? Ben après c'est les vacances.
- Ah, seulement les vacances. Pff.

Il y a des jours où je suis content d'aller au bureau.

lundi 22 août 2005

Retour à la case suivante

Ben voilà, c'est la rentrée et cette fois-ci ça ne rigole plus, car on ne va plus à l'école enfantine des petites mioches qui savent même pas écrire leur prénom, on parle de la vraie école avec plusieurs étages, infirmerie, salle de gymnastique, dentiste, et tout et tout: la grande école, l'école des balèzes.

Même que c'est à se demander qui va devoir s'asseoir dans cette salle, tellement les parents ont l'air plus tendus que les enfants. T'as pris ta récréation ? Madame la maîtresse, mon fils doit faire ci et faire ça, vous surveillerez n'est-ce pas ? Il est tellement petit encore, blabla. Mais oui madame, bien-sûr, tout va bien aller, ne vous inquiétez pas. Mais oui, maman tout va bien aller, laisse-moi tranquille maintenant, j'ai des trucs à faire.

Bref, c'est apparemment plus dur de voir ses enfants grandir que de grandir à leur place.

Et puis aussi, juste avant de partir c'est l'occasion de rappeler une grande interrogation. Pourquoi quand j'étais petite, je devais toujours manger du glauque, hein, je pose la question ? Nom d'une pipe, le glauque, je l'avais oublié celui-là. Oui, le glauque, et même que mon petit frère, il en mange pas. C'est pas juste.

Ouais, c'est la rentrée, et il y a déjà des trucs qui m'échappent.

samedi 18 juin 2005

L'art et la manière

Admettons que, pris d'une soudaine envie de repeindre votre appartement ou d'ajouter à votre t-shirt blanc une petite touche colorée, vous vous interrogiez sur les moyens de projeter à bon compte une yogourt aux myrtilles en fines gouttelettes.

Rien de plus facile, car non content de vous soumettre ce problème passionnant, je vais vous en offrir la solution.

1. Munissez-vous d'un enfant d'un an et quelques semaines, de préférence avec un petit rhume.

2. Prenez ensuite un yogourt aux myrtilles (par exemple de culture biologique) et vérifier qu'un colorant naturel ait été ajouté (la betterave donne de bons résultats).

3. Sortez le yogourt du réfrigérateur un peu à l'avance de manière à ce qu'il ne soit ni trop froid ni trop ferme.

4. Donnez une cuillère de yogourt à l'enfant cité sous le point 1.

5. Vérifier votre position et celle de l'enfant: toujours bien en face de votre enfant si vous avez opté pour une coloration de t-shirt, l'enfant face au mur si vous visez la réfection de votre coquet intérieur.

6. Au bout d'une ou deux cuillerées, l'enfant va soudain fermer les yeux, basculer sa tête un peu en arrière pour prendre un peu d'élan et... éternuer.

7. Si vous avez bien suivi mes instructions, la bouche de l'enfant, à cet instant précis, délivre le contenu exact d'une cuillère de yogourt aux myrtilles sur l'objectif avec une précision foudroyante. Le résultat de ces manipulations ne manquera pas de vous séduire, ainsi que vos visiteurs (si vous avez pris soin de convoquer quelques témoins pour la circonstance).

lundi 6 juin 2005

Fourmidable

- Vous avez des poux à l'école ?
- Non, on a des fourmis.

OK, rien à craindre des fourmis.

mercredi 1 juin 2005

1 an - 1 dent

Le petit gars a juste un an aujourd'hui et pour l'occasion il s'est offert une petite dent.

Dire qu'on a tous passé par là, à ramper, à grimper, à attraper tout ce qui traîne et puis un jour on regarde son propre enfant faire la même chose. Et lui fera pareil dans 20 ou 30 ans. Ça file un coup de vieux d'y penser, le temps est précieux, faut pas le laisser filer sans en sentir chaque fragment, faut pas laisser glisser ces sourires sans les graver quelque part et les emporter avec soi, où qu'on aille. Il en restera toujours quelque chose.

-- 6 juin - Petite correction: 1 an - 2 dents

jeudi 26 mai 2005

Pas trop de glauque s'il vous plaît

- Quand j'étais petite, j'aimais pas manger du glauque. Mon petit frère il aime le glauque ?

- Hm, tu fais bien de me poser la question. Je ne sais pas. Ça ressemble à quoi du glauque déjà ?

- Ben c'est comme du porridge.

J'ai encore appris un truc aujourd'hui.

mardi 26 avril 2005

Faut pas pousser

Faut que je vous parle d'un truc qui m'angoisse.
La pèlerine pour poussette vous connaissez ?

Cas pratique:

Vous sortez en retard car vous ne pouviez pas mettre la main sur le mouche bébé et que la grande soeur avait cru bon de mettre le petit pull rouge (celui avec le papillon) alors que vous vous entendez encore lui dire (avec cette détermination féroce dans la voix): pas celui-là, il fait froid aujourd'hui, nom d'une pipe.

Vous mettez donc le nez dehors et vous constatez à votre plus grand soulagement que la sécheresse n'est pas pour aujourd'hui et qu'au train où vont les choses vous pouvez même tranquillement envisager l'acquisition d'un véhicule amphibie. Ni une ni deux, vous retournez à l'intérieur et vous organisez une battue avec les moyens du bord pour repérer la solution à votre problème, l'invention la plus extraordinaire depuis le triangle de panne à piles rechargeables: la pèlerine pour poussette, que les plus gracieux nomment l'habillage de pluie. On pourrait, légitimement, se montrer surpris par cette seconde appellation, un peu précieuse, mais je dois dire que le montage de cet accessoire imperméable n'est pas sans rappeler la pose d'un pyjama.

Une fois l'objet récupéré, et même si c'est fort peu encourageant, laissez-moi vous dire que vous n'êtes pas tiré d'affaire. C'est qu'il faudra la fixer cette satanée pèlerine et qu'elle va pas tenir toute seule, faudra vous y faire. D'autant plus, qu'à première vue, l'objet que vous avez exhumé ressemble davantage à une vieille chose fripée et sans forme qu'à l'élégante voilette que vous espériez.

Donc vous placez l'enfant sur son siège et vous recouvrez la poussette de cette bâche de plastique, façon alerte chimique dans 24 Heures Chrono (saison 3). Comme vous vous en doutez, il faut faire coïncider les bandes velcro et s'arranger pour que ça tienne. A ce stade, les considérations esthétiques sont totalement dispensables. Je vous rappelle poliment que vous êtes en retard.

Bon, continuons. Si vous tirez ensuite d'un côté de la pèlerine pour la fermer, 2 bruits distincts se font quasi-systématiquement entendre:

- criiiiiicccccc
- hihihi.

Le premier son a été émis par la bande velcro de l'autre côté de la poussette juste avant qu'elle ne cède, ce qui, en d'autres termes, signifie que tout est à refaire. Quant au deuxième son, à voir le visage de votre enfant, il n'y a pas besoin d'avoir fait polytechnique pour comprendre qu'il est train de se tordre de rire.

En règle générale, il suffit de retirer la pèlerine et de la tourner dans l'autre sens, c'est-à-dire de mettre l'avant devant (ce qui semble terriblement logique), ne te fais pas plus bête que tu n'es (c'est ma mère qui me disait ça). Oui, oui, ça va tenir. Enfin, à peu près, car il me semble que l'enfant s'est mis à pleurer. Oui, c'est bien ce que je pensais, il va falloir tout enlever et le consoler. Vous pourrez aussi en profiter pour lui redonner cette girafe en caoutchouc qui fait quiiiickiii, celle que vous avez vu tomber toute à l'heure et que vous avez fait semblant de ne pas remarquer.

De toutes façons vous n'êtes plus en retard maintenant et puis ça doit bien faire dix minutes qu'il ne pleut plus.

La semaine prochaine on traitera le montage de la pèlerine sous la pluie car vous n'aurez pas toujours la chance de pouvoir l'installer bien à l'abri dans l'entrée de votre immeuble.

lundi 7 mars 2005

Comment ? C'est dingue ça, j'entends rien

Chaque soir, c'est le petit rituel, la grande soeur et moi. On lit une histoire ou on refait le monde ou on parle des maisons qui brûlent (c'est un truc qui est arrivé à une de ses copines de l'école et ça nous préoccupe pas mal ces jours-ci).

Je dois dire que j'aime bien ces petits moments où on grandit vite (et puis ça passe, hein, on n'est pas pressé non plus).

Sauf que hier, c'était pas comme d'habitude.

- C'est dommage que vous m'avez pas dit, maman et toi, quand vous avez fait le petit frère. Je serais venu voir. Comment tu as fait ? Toi, tu vas au travail la journée.

Ouais, c'était pas comme d'habitude.

jeudi 3 mars 2005

Lecture et bricolage

Je suis pas vraiment ce que l'on appelle un bricoleur de génie. Dès qu'il s'agit de monter un meuble, de percer un mur, peindre ou coller, je sais pas ce qu'il se passe, ça marche pas comme il faudrait. J'ai les mains qui vont bien pour faire des ombres sur les murs et préparer des crumbles aux pommes, mais pour la bricole, il n'y a pas à dire, j'ai deux mains gauches. Je peux d'ailleurs assez facilement voir les catastrophes arriver et, bien souvent, les événements me donnent raison.

Je n'aime pas tellement les événements dans ces moments-là.

L'autre jour, je me suis mis en tête de monter un bureau pour la grande soeur. Je vous épargne ici un jeu de mot douteux concernant les têtes et les martels. Je sors donc toutes les planches du kit, je me débats avec le carton vide qui refuse déjà de se plier comme je le lui demande gentiment, je me maudis ensuite de ne pas avoir choisi un modèle de bureau plus simple (c'est-à-dire avec moins de pièces que cet EVEREST de vis, planches, poignées, etc), je déplie les instructions comme un grand professionel du montage de bureau à domicile et enfin, je râle un peu, juste le temps de mettre la main sur le misérable tournevis cruciforme dont il est question dans cet infâme guide de montage multi-langue et multi-culture (évidemment l'homme, dans un grand souci de simplification du monde de la bricole, a cru bon de faire cohabiter deux espèces distinctes de tournevis, ne me demandez pas pourquoi).

Il faut poser la grande planche sur le sol, ouais, c'est peut-être celle-là, à moins que ce soit l'autre, bof, on verra, voilà, comme ça, visser quelques vagues supports sur le côté selon que l'on veut le tiroir à droite ou à gauche, serrer, taper, coincer ses doigts, bref oeuvrer pour la paix des ménages car pendant ce temps, et je dois bien le reconnaître, on est bien trop occupé pour dire du mal de sa future belle-mère.

Arrive, au milieu de cet insoutenable suspense de planches et de vis, la grande soeur, qui se dit que ça fait longtemps qu'on entend plus personne râler dans la pièce du fond.

- je vais lire maintenant.

Elle se saisit d'un livre et je lui jette un regard mi-menaçant, mi-suppliant. J'imagine déjà que sa compagnie ne va pas simplifier ma difficile mission.

- Dééé Poooo, dddééépppaaa, ppppaaauuu, ça fait quoi A et U ?

Ce petit manège dure quelques minutes et je fais bonne figure, j'agis en adulte pondéré et responsable et je réponds à ses multiples interrogations en rassemblant ce qu'il me reste de dignité encore inutilisée. Il faut bien admettre que l'apprentissage de la lecture n'est pas ce qu'il se fait de plus facile. A et U ça fait O. Et ma planche, je crois bien que je l'ai mise à l'envers.

- PPPPaaaaaooo. Peut-être que plus fort ça aide et ce serait dommage de se priver: PPPPAAAAAUUUUUOOOO.

Je sens que ma résistance psychologique n'est pas celle d'un joueur d'échecs.

- Je vais regarder les images maintenant.

Ouf, on n'est pas passé loin. J'en étais où. Ah oui, cette planche. Pff, vais me faire un café moi, faut pas trop d'émotions dans la même journée.

mardi 1 mars 2005

Un petit gars tout neuf

Le petit a 9 mois pile aujourd'hui.

C'est drôle de se dire que, jusqu'à hier, il avait passé plus de temps dans l'eau que dans l'air. C'est un vrai petit homme maintenant. Il commence à ramper, il se tourne chaque seconde en attrapant tout ce qui est à sa portée, il réclame à manger en tapant sur sa tablette, il rigole.

Je me souviens de foncer à l'hôpital, d'oganiser la garde de la grande soeur en arrivant, d'entrer ensuite dans cette salle d'acouchement, de déposer la valise, les affaires. Drôle d'endroit, tout différent de ce que j'avais vu pendant la visite, il me semble.
Mais on me dit que c'est pas pour tout de suite, qu'il faudra revenir plus tard. Alors, je retourne dans le hall pour donner des nouvelles pendant qu'ils sont encore là. J'explique à la grande soeur.
Et quand je reviens, 5 minutes après, on me dit que ça commence, que c'est maintenant. Qu'il faut du courage. Je découvre alors cette maman si forte, si déterminée, transformée face à cette douleur crue, sans anesthésie, pas nécessaire qu'ils ont dit, et plus le temps maintenant. 30 minutes, peut-être 40. J'aide comme je peux, j'applique le masque à oxygène, je la maintiens comme on m'indique à chaque poussée. C'est dur, elle se débat, elle crie. Je surveille les réactions de la sage femme pour savoir si tout va bien.
Et puis j'ai vu cette toute petite chose fragile arriver, j'ai eu peur un peu. Tout est normal ? Et puis je l'ai regardé, j'ai observé ces petites mains, ces petits yeux qui me fixaient, même s'ils ne me voyaient pas encore. Je l'ai découvert en me disant que c'est pour la vie. Et puis je l'ai baigné, tout de suite après. Il n'a pas pleuré, je crois, je l'ai langé ensuite et habillé, comme si j'avais fait ça la veille.
On me dit qu'on va le surveiller quand même cette nuit, que c'est plus prudent, qu'il ne faut pas nous inquiéter.
Je veille tard dans la chambre, je regarde cette petite maman si fatiguée et je suis admiratif. Merci que je dis. Je suis tellement content qu'elle aille bien.
Le lendemain, bonnes nouvelles, il pourra dormir dans la chambre maintenant. Et quelques jours après on rentre à la maison.

Et puis il est là, aujourd'hui, dans sa grande chaise, à me regarder en souriant. Et je retrouve dans ses traits ceux de celle que j'aime.

Plus j'y pense et plus je me dis qu'on m'avait jamais fait un aussi beau cadeau.