Kadi-Blog

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vendredi 28 octobre 2005

Science-Friction

Et la grippe à bière, personne n'en parle ? C'est ça ?
Celle qui fait mal à la tête le lendemain matin, celle qui nous fait voir le monde comme si on regardait à travers la visière de Dark Vador, hein ?

Les volatiles en ont assez de jouer les dindons de la Force.

[pff, n'importe quoi]

samedi 6 août 2005

Livre ouvert

Drôle de jour. Pour beaucoup, il évoque la conclusion monstrueuse de 6 ans de barbarie. Pour moi, et pour une famille de l'Ohio, le 6 août, c'était le jour de son anniversaire.

Je ne vous en ai jamais parlé, c'est une petite boule dans le ventre qui serre de temps à autre.

Nous nous étions fiancés, comme ça, après 3 ou 4 ans, avec le vague sentiment de suivre un itinéraire tout tracé, sans s'interroger, sans construire, sans efforts. Puis, un beau jour, d'abord par inattention, puis par prétention, par besoin d'indépendance, nous avons feint de ne plus nous comprendre. Chacun est parti de son côté, ravalant ses doutes, s'enfonçant un peu plus dans le silence, se rassurant peut-être en reprenant dans sa tête, un à un, des points de discorde en se disant qu'il n'y a rien à dire, justement. La fatalité, l'absurdité, l'inexpérience. Et puis tout s'efface si vite.

Puis une rencontre, un coup de foudre, un besoin de tout reconstruire, très vite. Tout de suite. Une famille, un enfant déjà grand. 3 années passent, comme des lumières. Jusqu'à ce téléphone, un soir de septembre, il y a 3 ans déjà. Une amie d'elle m'a retrouvé. Elle me demande comme je vais, je sens qu'elle me ménage, qu'elle me prépare à quelque chose. Puis elle me parle de l'accident. A la montagne, à une centaine de kilomètres de chez moi. C'est grave, très grave. Sa famille a fait le voyage. On ne sait pas.

Tout revient en un instant. La gorge serre, l'impression soudaine que la distance n'a pas d'importance, qu'il y a des gens dont on est proche et qu'on ne les connaisse plus n'y change rien. On me laisse un numéro.

J'appelle, le lendemain, sa mère me répond, l'anglais revient vite. Le coma. Des fractures multiples, un état stationnaire. Il faut attendre. Je ne sais pas ce que sa mère pense de moi, mais c'est sans importance.

Le week-end passe. Je pense à elle chaque seconde mais je n'ose pas aller la voir, elle n'aurait pas voulu peut-être, je ne sais pas et ça m'arrange peut-être de ne pas savoir. Et puis arrive la nuit de dimanche, je ne peux pas dormir, je ne sais pas si je rêve ou si je sens quelqu'un tout près de moi, mais quelque chose se passe.

Elle est partie ce matin-là.

Je suis allé voir ses parents l'après-midi, pauvres parents, il n'y a pas pire douleur. Je ne voulais pas venir, je voulais juste être là. Sa mère m'a installé à côté d'elle, m'a donné de vieilles photos de nous, elle a sangloté sur mon épaule. Rien n'avait changé tout d'un coup, et tout avait changé en même temps. Nous suivions de vieilles traces et nous les suivions pour la dernière fois. Je n'ai jamais revu sa famille après ce jour.

La page s'était tournée trois ans plus tôt, mais j'ai compris, à cet instant, que l'on ne revient pas en arrière.

lundi 27 juin 2005

Rentrée dans l'atmosphère II

Bon, voilà, c'est fait. 8 heures de spectacles en deux jours. Tout ce que je fais dans ce bureau aujourd'hui ne résonne plus pour personne. C'est à se demander pourquoi je me lance chaque année dans ces aventures alors que je sais qu'en sortir me laisse si misérable.

Une semaine de course, une semaine de rencontres, une semaine de flamme, de peur au ventre, d'émotions, de vertiges, de sourires, de regards qui ont le droit de tout dire. Ces personnages nous habitent, nous font parler, nous font vivre, sur la scène mais aussi et surtout dans les coulisses, entre nous, nous tricotent les uns aux autres. Et puis plus rien. L'impression qu'en posant mon costume, il ne me reste plus qu'un grand vide au-dedans, juste un souvenir déjà voilé et des visages que je ne reverrai sans doute jamais, des mains serrées si fort qui partent au loin, si vite. Comme si tout cela ne comptait pas, comme si l'on pouvait impunément jouer avec ses émotions. Les groupes s'en retournent chacun de leurs côtés. Peut-être nous reverrons-nous dans un an pour ré-assembler un autre spectacle comme celui-là, mais je sais par expérience que rien ne se passe comme on l'imagine et que la vraie vie reprend le dessus. Toujours.

J'ai l'impression de trop y croire, d'être trop près d'une limite que je ne maîtrise pas. Les autres en sortent si vite, me semble-t-il, si facilement. Je n'ai plus de repères.

Hier, je n'ai presque pas pu parler après, je suis resté seul dans mon coin à boire un verre qui serrait la gorge et brûlait le ventre. Et puis je suis rentré, sans même demander quand on se reverrait.

La lumière s'est éteinte et mon costume n'est plus qu'une peau morte.

mardi 19 avril 2005

Temps d'autres

C'est drôle comme la notion du temps disparaît quand on se repasse un film dans notre tête. Les paroles, les intonations, les odeurs, ou certaines images nous restent, mais le fil du temps qui a porté tous ces éléments devient complètement élastique dès que l'on cherche à vérifier sa longueur ou sa résistance. Toute à l'heure, par exemple, on m'a posé une question un peu inattendue quand je suis allé chercher des livres à la bibliothèque, et comme je n'ai pas répondu tout de suite, on m'a posé la même question une seconde fois. Et bien maintenant, quand j'y repense, je suis parfaitement incapable de dire s'il s'est passé 2 ou 30 secondes entre les deux questions. Tout est flou, j'étais visiblement trop occupé à chercher une réponse pour pouvoir garder un oeil sur mes repères et c'est le souvenir que l'on m'ait posé deux fois la question qui me laisse supposer qu'un peu de temps s'est écoulé entre les deux.

Enfin pour autant que ce soit bien la même personne qui ait posé les deux questions, ce qui reste à prouver. Je veux dire par là qu'en réfléchissant à cette question, je me la suis forcément reformulée et c'est peut-être bien moi qui me la suis dite une deuxième fois, mais en pensée. Et c'est là qu'est toute la différence. Le temps apparent ralentit si le point de repère n'est plus la voix mais la pensée. J'ai donc peut-être mis moins de temps que ce qu'il m'a semblé avant de répondre, ce qui n'a pas laissé à cette brave bibliothécaire l'occasion de me poser deux fois sa question. C'est évident, sinon j'aurais entendu la question trois fois. Vous suivez ?

Comme vous le voyez, je suis prêt à tout pour sauver les apparences, il suffirait d'admettre que je n'ai aucune répartie et ce serait réglé.

mardi 5 avril 2005

Pape star

Mais comment le pape choisit-il son nom, hein, je le demande, nom d'une pipe.

Pour moi, il n'y a pas l'ombre d'un doute. La série des Jean-Paul fait référence aux années Belmondo, c'est évident. Et comme Jean-Paul 1er a été liquidé plus tôt que prévu, on a tout remisé sur Jean-Paul II. Le conclave n'aime pas qu'on le vexe, si vous voyez ce que je veux dire.

27 ans plus tard, quel nom peut reprendre dignement la crosse par le manche ? La question est ouverte.

Grégoire XVII devrait l'emporter me semble-t-il (pape star ou star academy c'est pareil), même si Léon XIV sonne pas mal si vous aimez l'action... Pour les Pie, je ne sais pas ce que vous en pensez, moi j'aime pas trop, pourtant Vatican Pie ça nous changerait, mais c'est quand même un nom d'oiseau et il serait bon de s'en souvenir. Enfin, dernière hypothèse, si le comité choisit un vieux pape vermoulu pour qu'il ne dure pas trop longtemps, pourquoi pas Horst 1er, c'est classe ça, non ?

C'est que je suis fan de Horst Tappert, vous comprenez.

vendredi 11 février 2005

Captif intuitif

A vous autres mirages, vous dont les paysages s'envolent en silence et vous dont les reflets encombrent ma mémoire, je vous revois toujours, je vous pressens chaque heure et chaque instant qui passe. Je m'attends à vous voir surgir de nulle part, je vous entends venir, je vous vois vous glisser et déjà vous gagnez. Vous n'êtes pas de feu, vos lueurs sont fragiles. Mais rien ne vous résiste.

Je vous attends peut-être.

Et vous apparaissez, devant moi, devant nous. D'abord une illusion, ai-je bien vu quelque chose. Et puis vous insistez, le doute est impossible. Il s'agit d'une image, rien de moins, rien de plus, mais une image qui dure. Et plus je vous observe et plus je vous enflamme, un visage, un voyage, un songe évaporé. Et vous disparaissez, sans un bruit, sans une ombre. Comme si tout cela n'était plus rien, qu'un peu de sable, qu'un peu de vent. Ma tête en tremble.

Alors je me retrouve, juste à temps, étonné, fatigué, fixant le vide, les yeux blanchis. Sans envies, sans regrets, sans revanche.