Kadi-Blog

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mardi 29 novembre 2005

Il y a des jours comme ça

Imaginez que quelqu'un prenne un jour de congé pour aller décrocher des visas ou autres documents administratifs, avec toute sa famille, dans une ambassade située à 100 km de chez lui. Supposez ensuite que les conditions climatiques soient mauvaises, que la voiture dispose d'excellents pneumatiques, mais plutôt du genre de ceux qu'on utilise en été, que l'ambassade ne soit ouverte que le matin et que dans le meilleur des cas, il reste 10 minutes avant la fermeture pour remplir tous les papiers et faire la queue au guichet 3. Ça commence mal, faut le dire tout de suite.

Visualisez alors, les uns remplir ces formulaires, les autres chercher une place de parc, puis n'en trouver aucune et décider enfin d'attendre dans la voiture. Avec musique et feux allumés. Pendant 30 minutes. Puis regardez ce type tapoter sur son autoradio, quelle drôle de grimace. Tiens, plus de musique. Et puis aussi plus de lumière. Observez alors son regard quand il constate que sa voiture refuse de démarrer et qu'il s'est garé sur une plaque de glace qui lui ôte tout espoir d'utiliser les bonnes vieilles méthodes de dépannage.

Ne riez pas en voyant ce type attendre dans sa voiture que l'aide arrive, pendant que sa famille fait les magasins et goûte à toutes sortes de trucs chouettes. Il aurait dû manger quelque chose avant de partir. Il fait froid, c'est un homme blessé.

Supposez que tout finit par s'arranger, qu'il peut enfin passer une après-midi de congé presque normale. Enfin jusqu'à 16h00, jusqu'au coup de téléphone, jusqu'à ce qu'on lui dise que, vraiment, il n'y a que lui pour régler ce gros problème au bureau. A la poubelle le congé, on rentre à la maison.

Regardez-le ensuite, un peu plus tard, fatigué, aller chercher son enfant au cours de musique, vaguement soulagé d'avoir tiré son employeur de l'embarras. Il n'est plus que l'ombre de lui-même.

Observez-le alors s'immobiliser pour laisser passer un piéton et arrêtez-vous, vous aussi, un bref instant, pour écouter religieusement le bruit de la tôle qui se plie. C'est amusant comme le sort s'acharne sur ce pauvre homme : on vient d'emboutir l'arrière de sa voiture.

Ne le jugez pas, il a certaines raisons d'être de mauvaise humeur ce matin.

vendredi 25 novembre 2005

Silence, moteur

En jetant un oeil sur les statistiques d'accès de ce site, je vois que quelqu'un est arrivé ici en tapant:

blog miserable

Ça fait plaisir.

Drôle de manière de fêter l'anniversaire de ce blog, je trouve.

lundi 17 octobre 2005

Essorage

Si vous cherchez de l'eau, ne cherchez plus, je m'en occupe. Non, c'est pour moi, pas de souci, ça viendra tout seul.
Une semaine, c'était pas demander la lune non plus. Une petite semaine, hein ?
Même pas. Rien. Ou deux jours à peine. Le temps d'y aller quoi.

- Dès qu'on est arrivé, dès qu'on a vu la mer, le ciel, tu te rappelles la couleur du ciel ?
- Gris, noir, moche.
- Et puis après, tu te rappelles.
- J'aimerais mieux pas en parler.
- Tu t'en rappelles ?
- La pluie, le vent, le froid.
- Oui. C'est ça. Avec la mauvaise humeur qui va avec.
- Avec la mauvaise humeur qui va avec.
- Tu parles de vacances.
- Banyuls sur mer, je m'en souviendrai.
- Banyuls sur pluie.
- Même qu'on est remonté, tout contrarié, et que ça nous a suivi. Jusqu'à Nîmes.
- Jusqu'à Nîmes.
- Moche.
- Et qu'après on en a eu marre et qu'on est rentré.
- Moche.
- Grincheux.
- Et là faut revenir au bureau.
- Il fait beau.
- Il y a du soleil plein les fenêtres.
- Ça donnerait envie de s'acheter des rideaux.

vendredi 17 juin 2005

Plus dure est la chute

J'ai voulu sauver, tel superman, un petit gars d'une chute qui me paraissait inévitable et je me retrouve avec un pied dans le plâtre, ça m'apprendra. En plus il est même pas tombé, ce petit bonhomme... Tout le monde ne peut pas en dire autant.

Je goûte au confort du télétravail (j'ai pas dit télé + travail) et je parle à ma cheville foulée. Pour une fois que je me suis foulé à la tâche.

Le seul truc qui m'ennuie vraiment c'est que je risque bien de ne pas pouvoir participer à notre petit spectacle le week-end prochain, toutes ces heures à se préparer pour rien, juste deux béquilles et une piqûre tous les jours à 17.30.

Je suis retourné hier à l'hôpital pour refaire le pansement et j'ai bien tenté d'amadouer l'infirmière, de lui expliquer que la réputation du plâtre était surfaite, qu'il suffisait que je me tienne tranquille sans devoir m'encombrer de ce truc qui monte jusqu'au genou... Elle n'a même pas daigné discuter, elle m'a dit qu'elle n'avait pas besoin d'être médecin pour voir que ce plâtre je l'avais bien mérité. Mais bien essayé qu'elle a dit. Prochaine séance de négociations mercredi après-midi.

C'est pas gagné, ils ont l'air assez déterminés. J'aimerais pas être à ma place.

vendredi 13 mai 2005

Couper court

Je ne comprends rien au sens des affaires. Tiens, par exemple, l'autre jour, alors que je venais de me croiser dans le miroir fixé à la paroi de l'ascenseur, je me suis suggéré (poliment) de prendre rendez-vous chez ma coiffeuse. N'écoutant que mon courage, je me suis donc dirigé vers la vitrine et suis entré, tout heureux de trouver si vite remède à mes frisettes. Mystère, je ne vois pas ma coiffeuse. Le propriétaire du salon, que j'avais déjà croisé les autres fois, remonte depuis le fond de son salon complètement désert:

- Elle ne travaille plus ici Céline, elle est plus là. Elle est partie.
- Hm, euh.

[...pour couper les cheveux qui me restent, Céline ou pas Céline ça ne doit pas changer grand chose...]

- C'est plus un salon Z ici, ça a changé. Z c'est fini.
- Ah, ben...

[...bon, entre nous, hein, je crois qu'on s'en tape que ce soit Z ou pas Z, pas vrai ?...]

- C'est plus cher aussi, je ne sais pas ce que vous payiez avant, maintenant c'est 45.-
- Euh

[...je trouvais déjà cher avant, mais là c'est compté large...]

- C'est 45.- shampoing et coupe, ça fait même plus avec les produits.
- Ah ben dites-donc.

[...ça donnerait presque envie d'être chauve...]
[...j'aimerais bien me tirer d'ici tout de suite...]

- Je préfère vous dire avant, comme ça vous n'avez pas la surprise.
- Bien aimable à vous. Pour la suprise, c'est bon, j'ai ce qu'il me faut. Je crois que je vais peut-être aller me faire voir ailleurs.

- Tout à fait, comme vous voulez. Au revoir.

jeudi 10 février 2005

Humeur limite

Les vieilles sont dans la place. Partout. Dans la rue, dans les restaurants, dans les magasins, derrière moi. Partout que des vieilles. Et elles radotent, elles m'insultent parce que la poussette prend de la place dans le bus, parce qu'elles ne peuvent pas rejoindre à 15.02 le club des vieilles de la cafétéria comme tous les jours. Non, je suis là, devant la porte avec ma poussette et je ne vous aime pas, figurez-vous. Je n'aime pas vos horaires, vos petites habitudes, vos allusions, vos grimaces, vos faiblesses. J'espère mille fois ne jamais ressembler à trois millimètres de ce que vous êtes devenues, vieilles mégères. Vous pouvez crier, vos postillons ne feront pas bouger d'un pouce. Je suis imperméable.

mercredi 9 février 2005

Un peu court jeune homme

C'est drôle ça, l'année dernière, j'ai préparé un texte de Rilke et je viens de remarquer que j'ai fait l'impasse sur une phrase entière du dernier paragraphe.

Je l'ai traîné 6 mois dans les répétitions, on l'a filmé, joué en public (enfin dans la salle de répétition, hein, on se comprend, avec les gens qu'on aime bien), monté dans diverses variantes avec plus ou moins de bonheur et de mains moites.

Et toujours sans cette fichue phrase. C'est simple, je la découvre maintenant (barrée en dessous).

La femme eut peur et elle se détacha d'elle-même, trop vite, trop violemment, tant et si bien que son visage resta dans ses deux mains. Je pouvais le voir couché là, je voyais sa forme en creux. Je fis un immense effort pour ne pas détourner mon regard de ces mains et pour ne pas voir ce qui s'était arraché d'elles. J'étais terrifié de voir un visage par l'intérieur, mais je redoutais cependant bien davantage encore d'apercevoir la tête nue, écorchée, dépourvue de visage.

On sait ce qu'on sait et on ne sait pas ce qu'on ne sait pas, hein ? A moins que ce ne soit l'inverse. Hm, doit manquer aussi un truc ici.

jeudi 20 janvier 2005

60 millions de sabords

Bush dépense 40 millions de dollars pour célébrer son investiture. Ça me coupe la chique.
Si on y ajoute les 20 millions pour les frais de sécurité autour de l'événement (à charge du district of Columbia, donc de l'état), ça nous donne pile le double de ce que les Etats-Unis voulaient donner au lendemain du Tsunami en Asie. Drôle de monde.

lundi 10 janvier 2005

Fièvre

Bon, je me suis décidé à aller voir un médecin, histoire d'éviter la broncho-pneumonie de l'année dernière.

Comme toujours, n'étant pas un fidèle parmi les fidèles, j'ai pris l'annuaire, choisi un nom au hasard et pris rendez-vous pour tout de suite, enfin le temps d'arriver, quoi.

Et bien, je peux dire que pour un coup d'essai, ce fut un coup de maître. Bingo. Je suis tombé sur le premier médecin généraliste-statisticien de tout l'univers.

J'arrive avec ce qui ressemble à une grippe, je repars avec une probabilité. D'abord un avertissement pour mettre les choses au point tout de suite: vous avez 25% de chances d'être hors épidémie. Le mot épidémie ne rassure pas alors on se dit que ces 25% ont bien de la chance, petits veinards. Et bien non. Car il faut savoir que les risques que la grippe dégénère en pneumonie atypique sont plus grands si vous êtes hors epidémie. En gros, il vaut mieux avoir la grippe qu'un truc qui y ressemble. Il m'explique ensuite que j'ai 50% d'être en plein dans l'épidémie. Là c'est tentant, c'est pas tous les jours qu'on est victime d'une épidémie, et puis la grippe, tant qu'elle parle pas espagnol...
Chacune des options présente ses avantages et ses inconvénients mais en gros, pour ce qui nous concerne, on est tout aussi glauque avec l'une ou l'autre des versions.
Dans mon petit calcul, il me semble qu'il nous manque encore 25% des patients, mais j'ai pas insisté. J'imagine qu'ils ont des trucs qui nous concernent pas.

Ensuite, il faut ramener mon expérience grippe avec les courbes de l'année passée pour savoir si ce que j'ai eu l'année passée avait de bonnes chances d'être la grippe ou pas niveau timing, tout ça pour savoir si le fait que ça ait dégénéré en truc moche soit dû à moi ou à ce que j'ai eu.
Vous suivez ? Enfin bref, prenez deux comprimés de paracétamol et on verra bien.

Ouais, moi je dis que les médecins ont bien de la chance de nous voir que quand on est malades et complètement vaseux...

vendredi 7 janvier 2005

Dites 33

Pff, grippé depuis hier. La gorge qui gratte, le nez qui coule, la tête qui siffle, pas terrible. Le pire c'est que c'est mon anniversaire aujourd'hui. Tu parles d'un cadeau. Même que ma gentille copine avait préparé une chouette surprise et que tout tombe à l'eau à cause de ça. Valait bien la peine d'attendre toute une année pour ça.
Heureusement j'ai reçu une super souris laser et un dessin plein de couleurs rien que pour moi...

mardi 4 janvier 2005

Il y en a des qui rient

Difficile de supporter ces images de touristes qui rôtissent sur les plages de Thaïlande.
Ils ont beau dire que ça soutient l'économie locale, moi je les noierais bien dans leurs daiquiris.
Cela me rappelle ces vieux routards croisés en Afrique qui se la coulent douce en traitant les autochtones de feignasses. J'ai l'impression qu'ils se réalisent dans la misère des autres.

dimanche 26 décembre 2004

Sans voix

Sale Noël en Asie.
Les hommes sont des fourmis et ce sont toujours les plus mal loties qui sont massacrées.
Peut-être oserons-nous ne pas trop parler de nos touristes. La misère est ailleurs.
Paix à ces milliers d'âmes meurtries. Le ciel comptera quelques étoiles de plus.

vendredi 24 décembre 2004

Réveil plombier

Le plombier est passé ce matin.
Pas content le plombier. C'est le 24, je dois venir ici, grr, blabla. Bref pas content.
C'est toi qui a un problème avec ton robinet qui coule et c'est lui qui râle.
Où va-t-on je vous le demande.
Il a dit que c'est la goutte d'eau qui fait déborder le vase. N'importe quoi.

jeudi 23 décembre 2004

Douce nuit

J'aime bien ces moments de détente avant Noël. Cette quiétude ambiante toute empreinte de douceur: les bougies, les étoiles, les chants, les odeurs de biscuits, la communion entre les hommes, le goût du bonheur partagé.

Et cette bonne vieille saloperie de publicité partout, ces sapins chinois qui clignotent, ces pères-noël en plastoc qui chantent Jingle Bell. Ah comme ils sont moches ces pères-noël et pis comme on n'en a rien à cirer de chanter Jingle Bell, sous le prétexte de la mondialisation.
Mais pas le temps pour râler. Vite, vite un cadeau, un truc original. Tout le monde veut un truc original. Je veux un truc original. Oui, parfaitement moi aussi, j'aimerais consommer, tutoyer la limite de ma carte de crédit, jouer les têtes brûlées, les kamikazes de l'achat compulsif, enfin des émotions vraies.

Complètement malades, moi je dis. Non mais ça va pas ?
Ah, tout ça en mémoire d'un type qui est venu sauver les hommes ?
Ah ouais ? Et ben, il y a du boulot.
Il y a de la bûche sur la planche, comme on dit.
Comment vous dites ? Que ça marche ?
Mais oui, je me rappelle maintenant, c'est vrai. Après le 25, fini l'hystérie.
Un an de calme. On rend les armes, on pose la machette.
Il a bien fait de venir, hein ?

Comment ? Si je prends les deux boîtes de construction vous m'offrez le poster des supernanas ? Et bien évidemment que je les prends.
Et puis vous me mettrez aussi le marteau en plastique. Non, non pas d'emballage cadeau pour le marteau, c'est pour tout de suite. Paf.

mercredi 15 décembre 2004

Dentesque

Dentiste hier. Pas été très courageux. Les mains moites, les yeux exorbités, je me suis refait "La jeune fille et la mort".
Pour un petit nettoyage de rien du tout.
C'est chaque année la même chose. Je reçois en mai un petit carton m'invitant à prendre un rendez-vous. En juillet, je me dis que je pourrais peut-être m'en occuper à la rentrée. En octobre, ben il y a pas le feu, c'est pas un petit mois de plus qui va changer grand chose. Début novembre, j'appelle mais c'est occupé. Pas grave je rappelerai dans une petite quinzaine, faut pas déranger. Fin novembre, enfin je me lance, en priant qu'il n'y ait pas de place avant mars 2008... Sauf qu'il y avait de la place hier matin. A 9 heures.
Tu parles d'une tuile.
Et ils ont l'audace de nous demander comment on va, quand on arrive... Bonjour, ça va ?
Oui, oui, je suis blanc comme ça tous les jours. Et puis en hiver j'ai toujours les mains moites, à cause du froid. Sans blagues.
Dans ces circonstances, comment voulez-vous que ça se passe bien ? Aussi souple qu'une colonne grecque dans un hamac, c'est la torture. Et que je gratouille ici et que je polisse là, un petit coup d'aspirateur dans le coin, là. Tiens ça saigne ici, on va mettre un tampon de ouate, ça va monsieur, vous avez des enfants ?
Vous faites un joli métier.